Un circuit découverte des Comores offre un mélange d’aventure volcanique (ascension du Karthala), de plages paradisiaques (Maloudja, Nioumachoua), de culture locale riche (marchés de Moroni, villages traditionnels), et de nature préservée (forêts de Mohéli, observation des tortues), avec des options de voyages sur mesure allant de 6 à 10 jours ou plus, combinant Grande Comore, Anjouan et Mohéli pour une expérience authentique entre influences africaines, arabes et françaises.

Découvrez quelques‑unes des aventures incontournables que j’ai vécu avec Roukia Abderemane, comorienne d’origine et dirigeante de l’agence Les Perles de l’océan Indien à Talence (près de Bordeaux)
Les Comores forment un petit archipel volcanique niché dans le nord du canal du Mozambique, entre l’Afrique de l’Est et Madagascar. Surnommées les « îles de la lune », elles offrent des paysages d’une grande beauté restés intacts.
Ici, pas de buildings ni d’autoroutes : on découvre une nature sauvage faite de cratères volcaniques, de plages immaculées, de lagons coralliens et de forêts luxuriantes abritant une faune exceptionnelle (des lémuriens, des tortues marines, des dauphins,etc…).

Destination encore authentique, les Comores offrent un voyage dans le temps, au contact d’une population accueillante et fière de ses traditions
Le riche mélange d’influences arabes, africaines, malgaches, indiennes et européennes a façonné une culture unique : cuisine épicée aux saveurs de coco et de vanille, musique rythmée par les tambours, arts artisanaux et cérémonies comme le grand mariage qui célèbre fastueusement l’union de deux familles.
Entre nature préservée et culture vivante, ce petit pays possède d’innombrables trésors à partager avec les voyageurs en quête d’authenticité.
Grande Comore, l’Union des Comores
Vue du ciel, elle ressemble à un immense bouclier de lave figé dans l’océan Indien : un tracé noir et sinueux qui se jette dans un lagon turquoise, planté de cocotiers et de villages clairs. Dominant le paysage, le mont Karthala culmine à 2 361 m ; c’est l’un des volcans les plus actifs de la planète, avec plus de vingt éruptions depuis le XIXᵉ siècle.
Entre le ruban côtier et les pentes fertiles, quelque 400 000 Comoriens vivent au rythme de la pêche, des cultures d’épices et du vrombissement discret des alambics d’ylang‑ylang. La capitale Moroni, posée sur la côte ouest, concentre mosquées aux minarets élancés, ruelles swahilies et un petit port où boutres et vedettes se croisent à l’aube.
Des sultanats au jeune État comorien
Ngazidja a longtemps été un escale prospère sur la route des Indes : marchands perses et arabes y accostaient dès le Xᵉ siècle, apportant l’islam et une architecture de pierre corallienne. Aux XVIᵉ‑XVIIIᵉ siècles, l’île se divise en sultanats rivaux qui s’affrontent puis s’allient tour à tour. En 1841, la France annexe Mayotte ; en 1908 elle met officiellement fin aux sultanats de Grande Comore et transforme l’île en colonie directe.
Après la Seconde Guerre mondiale, la capitale administrative est transférée de Dzaoudzi (Mayotte) à Moroni, accentuant le rôle politique de Ngazidja.
Le 6 juillet 1975, Grande Comore proclame, avec Anjouan et Mohéli, l’indépendance de l’Union des Comores. Souvent chahutée par des crises institutionnelles, l’île n’en demeure pas moins le centre politique et économique du pays ; chaque ruelle de Moroni porte encore l’empreinte d’une histoire cosmopolite où influences swahili, arabe, malgache et française cohabitent.
Paysages et sites emblématiques
L’ascension du Karthala est une expérience inoubliable. On quitte Moroni vers 4 h du matin pour entamer un sentier qui traverse d’abord des plantations d’ylang‑ylang puis des forêts humides, avant de déboucher sur un plateau lunaire. Au bord du cratère elliptique (4 km sur 3 km), l’odeur de soufre imprègne l’air et la vue s’ouvre, par temps clair, jusqu’à Mohéli : une véritable marche sur la peau de la terre.
Sur la côte nord, les coulées basaltiques ont sculpté des piscines naturelles et des plages aux reflets anthracite ; Mitsamiouli et Chomoni offrent un contraste saisissant entre sable noir, corail pâle et eau turquoise.
Plus au nord‑ouest, Itsandra dévoile d’anciens bastions portugais et un village de pêcheurs réputé pour son hospitalité, tandis qu’au sud‑ouest Iconi expose sa citadelle de lave, vestige de la résistance aux raids malgaches du XIXᵉ siècle.
Activités incontournables
Au‑delà du trek volcanique, Grande Comore se vit côté mer : snorkeling parmi les tortues vertes au large de Chomoni, sortie pélagique pour traquer le marlin à la canne ou plongée dérivante sur la passe du Dragon, où les raies aigles virevoltent dans de superbes canyons coralliens.
Sur terre, une journée dans les médinas d’Itsandra ou d’Iconi est l’occasion de déguster un café vert torréfié à la cardamome et d’observer les « portes arabes » richement sculptées. Les photographes apprécieront la lumière rasante de fin d’après‑midi sur les maisons blanchies à la chaux, tandis que les ornithologues guetteront le drongo du Karthala, un oiseau endémique à la queue en cimeterre.
L’île sert aussi de base pour des excursions d’un à deux jours vers Mohéli ou Anjouan grâce aux avions de Royal Air ou d’R Komor, ce qui permet de combiner plages, jungle et culture.
Spécialités et savoir‑faire
Grande Comore est le règne des senteurs : la moitié des fleurs d’ylang du pays sont cueillies sur ses pentes volcaniques avant d’être distillées dans de hauts alambics de cuivre. Le pays fournit encore 60 % de la production mondiale d’huile essentielle d’ylang‑ylang, ingrédient majeur de la haute parfumerie.
Dans les marchés de Volo‑Volo, la vanille, la cannelle et le girofle côtoient le manioc, la banane plantain et d’énormes thons rouge vif. En cuisine, le poulpe au coco cuit longuement dans un lait épais parfumé au curcuma et au gingembre, tandis que le pilao (riz épicé) accompagne poissons grillés et poulet braisé.
L’artisanat se distingue par des paniers en feuilles de raphia, des bijoux en argent ciselé et des tissus chiromani aux motifs géométriques.
Mohéli, un joyau classé biosphère
Toute en courbes verdoyantes, Mohéli est la plus petite île de l’Union mais aussi la plus préservée. En 2020, l’intégralité de son territoire terrestre et marin a été reconnue Réserve de biosphère UNESCO pour la richesse de ses récifs coralliens, de ses forêts humides et de ses communautés engagées dans la conservation.
L’île compte à peine 45 000 habitants et une poignée d’écolodges, ce qui garantit au visiteur une immersion rare dans une nature intacte.
De l’âge des sultanats à la conservation moderne
Mohéli partage le même passé swahili et arabe que ses sœurs ; au XVIIIᵉ siècle, le sultan de Mohéli noue des alliances éphémères avec l’Empire zanzibarite avant de tomber sous influence française en 1886. Les ruines du palais de Fomboni, minuscule capitale, rappellent cette période où la petite île exportait girofle et coprah.
Après l’indépendance de 1975, Mohéli tente brièvement la sécession en 1997, mais réintègre rapidement l’Union, trouvant dans la protection de sa nature un moteur d’identité et de développement : le Parc national de Mohéli né en 2001 a servi de modèle aux autres aires protégées comoriennes.
Paysages marins et terres intérieures
Le parc englobe le large lagon ourlé d’îlots calcaires au sud‑ouest de l’île, bordés de mangroves et d’un récif exceptionnellement dense ; les chercheurs y ont recensé plus de 260 espèces de coraux et 760 espèces de poissons.
À l’intérieur, une dorsale volcanique culmine à plus de 800 m dans la forêt des hauts plateaux, royaume brumeux de fougères arborescentes où plane la silhouette sombre de la chauve‑souris de Livingstone, un mégachiroptère dont l’envergure atteint 1,4 m et dont il ne subsiste qu’environ 1 200 individus.
Rencontres grandeur nature
Le littoral d’Itsamia accueille l’un des plus grands sites de ponte de tortues vertes au monde : on peut observer des femelles pondre quasi chaque nuit et assister à l’envol frénétique des tortillons au petit matin.
Entre mi‑août et début octobre, des centaines de baleines à bosse fréquentent les eaux calmes du lagon pour mettre bas et éduquer leurs petits ; il est possible de les contempler depuis la plage ou d’embarquer pour une sortie d’observation éthique. Les plongeurs trouveront sur le tombant de Nioumachoua des raies manta et des bancs de fusiliers.
Sur terre, de courtes randonnées mènent aux villages de Bangoi et Djando, à la découverte des cultures de taro et de la fabrication artisanale de pirogues.
Vie quotidienne et saveurs de Mwali
La cuisine se nourrit de la mer : langoustes grillées au jus de citron vert, thon mi‑cuit en croûte d’épices, poisson perroquet au lait de coco. Le tout accompagné de manioc frit et de riz parfumé à la girofle. Les soirées se terminent souvent sur la plage, autour d’un feu, au son de la shigoma : tambours, luth gabusi et chants féminins font vibrer le sable.
Conseils pour un séjour réussi
On rejoint Mohéli en vol de 20 minutes depuis Moroni ou en vedette de 2 heures ; les horaires changent sans préavis, gardez une journée tampon. L’électricité est fournie par groupe électrogène, avec des coupures fréquentes. Emmenez power‑bank et lampe frontale.
Les hôtels fonctionnent souvent sur réservation directe par WhatsApp ; les écolodges exigent un acompte pour garantir le transfert bateau. La meilleure période court de juin à octobre – temps sec, mer calme, baleines.
Qui dit île préservée dit aussi cadre rustique ; avec un esprit d’aventure et le sourire local, Mohéli récompensera largement votre voyage.
Anjouan, l’île aux parfums
Anjouan surgit de la mer comme une forteresse verte : pics basaltiques, vallées profondes, torrents impétueux. Les alizés chargent ses pentes d’humidité, donnant au sol la fertilité nécessaire aux épices : clou de girofle, muscade, vanille, et surtout ylang‑ylang dont l’île exporte près de 60 % de la production mondiale d’huile essentielle utilisée en haute parfumerie. Les effluves sucrés enrobent les hameaux et accompagnent le voyageur du littoral aux crêtes.
Du sultanat d’Anjouan à la quête d’autonomie
Fondée au XVe siècle, la ville portuaire de Mutsamudu devient dès le XVIIᵉ siècle la cité la plus prospère de l’archipel, commerçant avec Zanzibar, la Perse, l’Inde et l’Europe. Sa citadelle fut édifiée en 1786 avec l’aide de conseillers britanniques pour repousser les raids malgaches ; bien que partiellement détruite par un cyclone en 1950, elle domine encore le quai et la médina aux ruelles tortueuses.
Après l’abolition des sultanats en 1908 sous administration française, Anjouan participe à l’indépendance de 1975, mais réclame à plusieurs reprises une autonomie accrue, notamment lors de la crise sécessionniste de 1997. Aujourd’hui, l’île demeure profondément attachée à ses traditions tout en s’ouvrant lentement au tourisme.
Montagnes, lacs et forêts luxuriantes
L’intérieur montagneux est protégé par le Parc national du Mont Ntringui. Au terme d’une piste raide, on atteint le lac Dzialandzé : un miroir d’émeraude de 280 m sur 150 m perché à 910 m d’altitude, entouré de fougères géantes et de forêts humides. Les randonneurs peuvent poursuivre jusqu’au mont Ntringui (1 595 m) pour admirer l’île entière et, par temps clair, la silhouette de Madagascar.
Sur les pentes, on croise parfois le maki d’Anjouan, petit lémurien, et des orchidées sauvages aux couleurs intenses. Plus bas, une série de cascades – Tatinga, Dziancoundre – creusent des piscines naturelles idéales pour une baignade fraîche au cœur de la jungle.
Immersion culturelle et artisanale
La médina de Domoni, ancienne capitale du sultan, préserve des maisons aristocratiques ornées de portes au décor coranique et de vérandas sculptées. Les habitants excellent dans la poterie rouge et la vannerie en feuille de palmier.
Dans les distilleries d’ylang‑ylang, les fleurs cueillies à l’aube macèrent dans la vapeur pendant 18 heures ; chaque litre d’essence nécessite 350 kg de pétales, ce qui explique sa valeur et la délicatesse des arômes délivrés. Le soir, les orchestres de twarab mêlent oud, qanun et percussions dans des cours intérieures illuminées par des lampes à pétrole – moment magique pour goûter le café à la cardamome et les beignets mahamri.
Activités pour voyageurs curieux
Outre la randonnée et la culture, Anjouan regorge de criques isolées. La côte sud‑ouest dévoile des bandes de sable noir volcanique, tandis qu’à l’est les plages de Moya réservent un sable blond bordé de falaises rouges. Les plongeurs peuvent explorer des secs riches en gorgones au large de Bimbini.
Une journée d’excursion dans les plantations permet de participer à la cueillette de l’ylang et de suivre la distillation jusqu’au flacon d’huile, souvenir parfumé garanti.
Enfin, les gourmands testeront le langouste au gingembre ou la salade d’avocat‑mangue, touche fraîche après une balade en forêt.
Informations pratiques
On rejoint Anjouan en avion (25 min depuis Moroni). Les taxis collectifs sillonnent la route côtière, mais un 4×4 est recommandé pour le mont Ntringui. Prévoir vêtements légers mais couvrants ; un imperméable est utile en altitude. L’île accepte les francs comoriens et rarement les cartes ; changez vos euros au marché de Mutsamudu.
Avec ses reliefs spectaculaires et ses villages parfumés, Anjouan récompense celui qui prend le temps de sortir des sentiers battus et d’écouter la rumeur douce de la jungle mêlée à l’appel du muezzin.
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Texte et visuels de Benoit Tredez.


