La branche des opérateurs de voyage, avec le concours de OPCO Mobilités, publient leur étude 2025 sur l’intelligence artificielle dans les métiers du voyage.
Menée auprès de 130 professionnels du secteur et enrichie d’entretiens qualitatifs, cette étude dresse un état des lieux actualisé de l’adoption de l’IA dans la branche : usages concrets, profils utilisateurs, freins identifiés et besoins de formation.
Si l’IA s’impose désormais comme un outil utile et applicable aux métiers du voyage, la montée en compétence collective reste le défi majeur pour accompagner durablement cette évolution.
Une adoption prudente, mais continue
L’IA s’installe progressivement dans les pratiques quotidiennes des entreprises du voyage. La répartition des trois profils identifiés témoigne de cette évolution :
● 28% de pionniers (contre 9% en 2024, soit +19 points) : des profils engagés dans une démarche structurée ;
● 56% d’opportunistes (contre 60% en 2024) : des professionnels qui testent l’IA de manière ciblée et pragmatique ;
● 16% d’observateurs (contre 31% en 2024) : une posture attentiste qui recule nettement.
Cette dynamique confirme le passage d’une logique d’exploration à une appropriation active et durable.
Des usages qui se diffusent, portés par les profils de direction
L’étude révèle que les dirigeants et comités de direction sont les premiers utilisateurs d’outils IA (54,7% déclarent en utiliser), suivis des équipes marketing et communication (52,3%) puis commerciales (47,7%). Les résultats montrent que la transformation repose d’abord sur la culture managériale, la curiosité et la capacité à expérimenter.
Les cas d’usage se concentrent sur :
● La génération de contenus (textes, visuels, supports commerciaux) ;
●L’optimisation de la relation client (réponses à des demandes entrantes, assistance aux conseillers) ;
● L’aide à la conception d’itinéraires et la préparation de devis.
Si l’IA est perçue comme un levier utile apportant des gains concrets (en temps, en qualité et en créativité), plus de 60% des entreprises n’ont pas identifié de référent ou d’équipe dédiée aux sujets IA ou digital. Seulement 26% disposent d’un pilotage dédié, et 10% sont en réflexion pour structurer ce rôle.
À noter, parmi les entreprises ayant un référent IA, plus d’un tiers sont des TPE de moins de 10 salariés. La structuration de l’IA repose largement sur des initiatives individuelles, portées par des collaborateurs moteurs.
Des freins multiples, plus culturels que technologiques
Malgré la dynamique d’expérimentation, plusieurs freins ralentissent l’adoption : manque de temps pour tester et se former, manque de confiance dans les outils (fiabilité, protection des données), et résistance au changement face à la crainte d’une perte de valeur du travail humain ou d’une automatisation mal comprise.
Ces freins expliquent le besoin de formation demandé par les professionnels : plus de 50% des répondants l’expriment clairement. Près d’un tiers sont encore en phase de réflexion, et très peu estiment ne pas en avoir besoin. Les priorités se concentrent sur les agents de voyages et conseillers en contact client (70,7% des entreprises l’identifiant comme prioritaire), les fonctions marketing (57,8%) et les équipes commerciales (49,1%).
Un besoin de formation formelle et de culture collective
Dans un contexte où seules 4% des entreprises déclarent avoir déjà engagé une formation formelle à l’IA, l’enjeu n’est pas seulement de former, mais de créer une culture commune de l’IA dans le tourisme, ancrée dans la réalité des métiers et au service de la performance collective de la branche. La réussite de cette transformation ne repose pas uniquement sur les initiatives individuelles des entreprises. Elle suppose un effort collectif d’acculturation, permettant de réduire les écarts de maturité observés et de sécuriser les usages.
Si l’expérimentation concrète demeure le levier le plus puissant, les opérateurs interrogés expriment également des attentes opérationnelles. Leur priorité : la mise en place d’un cadre d’accompagnement partagé, combinant :
● Des ressources pédagogiques accessibles, adaptées à la taille des structures ;
● Des modules de formation orientés métier (production, relation client, marketing, RH) ;
●Un soutien technique et méthodologique pour identifier les projets IA les plus pertinents.
OPCO Mobilités et Les Entreprises du Voyage sont perçus comme les acteurs légitimes pour orchestrer cette montée en compétence collective. En s’appuyant sur leur mobilisation conjointe et celle des entreprises, la profession dispose aujourd’hui d’une opportunité majeure : faire de l’intelligence artificielle un pilier de compétitivité durable, au service d’un tourisme plus créatif, plus efficace et toujours profondément humain.
“L’IA commence à s’inscrire dans les pratiques quotidiennes de nos entreprises. L’enjeu aujourd’hui, c’est de structurer cette intégration tout en préservant ce qui fait l’essence de nos métiers : la dimension humaine et le conseil personnalisé. Pour y parvenir, la consolidation d’un écosystème d’entraide et de mutualisation entre entreprises apparaît comme la condition essentielle de notre réussite collective.” – Valérie Boned, Présidente des Entreprises du Voyage.
Texte fourni par les Entreprises du Voyage.


