Le retour d’un bureau d’information touristique à la station de La Mauselaine, à Gérardmer, pourrait sembler anodin. Après tout, quoi de plus banal qu’un guichet destiné à renseigner les visiteurs ? Pourtant, derrière cette réouverture se cache un petit aveu : celui d’un tourisme qui, malgré l’ère du tout-numérique, redécouvre l’utilité du contact humain.
Car oui, aussi performantes soient les applications météo et les webcams des pistes, elles ne remplacent pas la personne capable d’expliquer, sourire en prime, pourquoi la neige est meilleure à telle heure ou comment éviter l’embouteillage du dimanche soir. Pendant des années, les vacanciers ont dû se débrouiller seuls, smartphone à la main, face à une station qui misait surtout sur l’autonomie numérique.
Mais la réalité est têtue : les touristes co
ntinuent de poser des questions. Beaucoup de questions. Où manger ? Quelle piste choisir avec des enfants ? Que faire quand la neige se fait capricieuse ? Résultat : le retour du bureau d’accueil ressemble presque à un retour aux fondamentaux.
Cette décision traduit aussi une forme de compétition silencieuse entre stations. Dans un contexte où l’enneigement devient incertain et où les destinations rivalisent d’arguments, l’accueil devient un atout stratégique. Un sourire, une carte, un conseil personnalisé peuvent peser autant qu’un nouveau télésiège.
Pour les professionnels locaux, c’est une bonne nouvelle. Un visiteur bien informé consomme davantage, reste plus longtemps et garde une meilleure image du séjour. Autrement dit, derrière ce modeste comptoir se joue une petite part de l’économie locale.
Reste une question, presque ironique : fallait-il vraiment attendre 2026 pour redécouvrir qu’un office de tourisme… sert à accueillir les touristes ? À La Mauselaine, la réponse est désormais claire : mieux vaut tard que jamais, surtout quand l’hiver, lui, n’attend pas.


