Le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères recommande fortement de reporter tout voyage au Venezuela sauf raison impérative en raison d’une situation sécuritaire très instable et sensible. La France déconseille d’entrer par les frontières terrestres et demande aux voyageurs de consulter les recommandations sur la sécurité.

La situation au Venezuela est actuellement tendue. Une nouvelle escalade de la situation sécuritaire est possible à tout moment, même à très court terme. Cela pourrait entraîner des fermetures de routes à l’échelle nationale, une augmentation des contrôles policiers et des perturbations des transports, ainsi que des restrictions supplémentaires sur les réseaux mobiles et l’accès à Internet.
Situation sécuritaire et état d’urgence
Suite à un avertissement de l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) concernant les risques potentiels dans l’espace aérien vénézuélien, certaines compagnies aériennes ont suspendu leurs vols à destination et en provenance du Venezuela.
Le 29 septembre 2025, un décret d’état de confluence extérieure (Decreto de Estado de Conmoción Exterior) a été promulgué, conférant aux autorités vénézuéliennes des pouvoirs étendus (pouvant aller jusqu’à la fermeture des frontières et de l’espace aérien) en cas de conflit interne ou externe.

Maduro et ses menaces…
De son côté, le Venezuela a lancé un ultimatum aux compagnies aériennes ayant suspendu leurs opérations dans le pays. Le gouvernement de Nicolás Maduro leur a ordonné de reprendre leurs vols avant midi (heure locale) aujourd’hui. À défaut, l’Institut national de l’aviation civile (NICA) révoquera leurs autorisations de vol permanentes.
Iberia, TAP Air Force, Avianca, Caribbean Airlines, GOL, LATAM, Turkish Airlines et Air Europa sont concernées par cet ultimatum. Air Europa a récemment rejoint la liste en annonçant l’annulation de ses vols prévus les 27, 29 et 30 novembre.
Mise a jour du jeudi 27 novembre
Ce matin, le Venezuela a officiellement annoncé dans la Gazette 43264 la révocation des concessions accordées à Iberia, TAP, Avianca, LATAM, Turkish Airlines et GOL, les accusant de se joindre à un boycott mené par les États-Unis.
Cette mesure coupe quasiment le Venezuela de ses principales liaisons directes avec l’Europe (Madrid, Lisbonne), Bogota, São Paulo et Istanbul, aggravant ainsi la crise de connectivité dont l’IATA avait déjà mis en garde.
En ce qui concerne les grands aéroports, il ne lui reste plus que la liaison Wingo vers Bogota et Copa Airlines vers Panama.
Un étonnant volte-face
Cette mesure touche des opérateurs clés en Europe et en Amérique du Sud, et inclut, de façon surprenante, Turkish Airlines, qui entretenait jusqu’à présent une relation stratégique avec le gouvernement vénézuélien.
L’inclusion de Turkish Airlines est particulièrement frappante, étant donné qu’Istanbul a joué un rôle de plaque tournante majeure pour le Venezuela, en dehors de toute influence occidentale.


