Avec la sortie de la catalogue « Vos voyages en 2026 » et le lancement d’un challenge de ventes sur l’Afrique du Sud, le groupe Salaün était dans les starkings blocks, dès février dernier, pour faire une superbe année. Et comme souvent dans le tourisme, des événements extérieurs sont venus troubler la donne pour toute la profession.
A commencer par la guerre en Iran déclenchée le 28 février dernier par les Etats-Unis et Israël. Sans parler des innombrables touristes bloqués dans les pays du golfe, où ils étaient en vacances ou en transit, les mois de mars et d’avril sont plutôt en berne en termes de réservation pour l’été, voire pour l’automne. Un constat déjà dressé par les membres du SETO, lors de leur dernier congrès.
Environnement plus incertain

Depuis la mi-avril, le blocus du détroit d’Ormuz entraîne une grave crise du kérosène. Dans son édition du 27 avril, le quotidien britannique détaille la liste des compagnies aériennes concernées par des annulations de vols et/ou une surcharge carburant qui majore les tarifs. Près d’une cinquantaine de compagnies aériennes, notamment Air France et sa filiale low cost Transavia, United Airlines, American Airlines, British Airways, Air India ou encore Air Canada, Aegen Airlines, AirAsia X réduisent la voilure.
De son coté, Lufthansa vient d’annoncer l’annulation de 20.000 vols.
« En cas d’un vol supprimé par exemple sur Lufthansa, nous devons trouver un autre

partenaire aérien, sur certains circuits programmés en Scandinavie. En dehors de quelques cas sur cette destination, l’impact de la crise du kérosène reste, à ce jour, assez limité pour nos circuits » explique Luc le Soar, directeur de la production de Salaün Holidays.
Le tiercé des destinations
L’année dernière, trois destinations se sont hissées en tête de liste de la centaine de pays où le groupe breton propose des circuits : l’Italie (10.000 PAX), la Scandinavie, en particulier la Norvège par voie terrestre ou maritime (6.000 PAX) et le Vietnam (3.000 PAX). « Cette année, malgré les turbulences géopolitiques, énergétiques et économiques, nous comptons bien nous rapprocher de ces scores » espère Luc le Soar.
Les destinations plus ou moins peine

Sans surprise, l’activité touristique est quasiment gelée dans les pays du golfe, tant que le conflit dure. La Jordanie souffre depuis le massacre du 7 octobre 2023 en Israël, nombre de touristes confondant ce pays avec la Cisjordanie. N’étant pas située dans la zone de conflit, l’Egypte tient relativement bien. Mais sans la guerre en Iran, elle aurait engrangé plus de réservations.
Les voyages en Asie avec des stops dans les émirats ont aussi du plomb dans l’aile. Depuis l’élection de Trump, les Etats-Unis souffrent de l’effet conjugué d’une mauvaise image de marque et de tarifs élevés. Le Japon qui a très bien performé l’an dernier, en raison notamment de l’Exposition Universelle d’Osaka, enregistre inévitablement un repli du nombre de réservations.
Tensions géopolitiques, retour de l’inflation, évolution des comportements touristiques, nombre de clients préfèrent attendre pour programmer leurs vacances d’été. Au siège du groupe familial à Châteaulin dans le Finistère, pas question d’annoncer le pourcentage de baisse du chiffre d’affaires pendant cette période troublée.
Petit retour en arrière
Comme ses confrères, ce TO breton a souffert du confinement et de la fermeture des frontières liées l’épidémie du Covid. Une fois sorti de cette crise sanitaire, il a été exposé, dès l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, à la sévère perte des voyages dans cette zone, marché dont il était l’un des spécialistes . « Tous nos clients friands du vaste pays des tsars ne sont pas reportés sur d’autres destinations » constate Luc Le Soar.
Au fil des années, ce groupe familial tient bon et sait surmonter les crises.
Martine Denoune



