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Malouines : « beaucoup de poisson, petite moisson » pour le Royaume-Uni

Ou conséquences du Brexit sur des terres lointaines …

Moins d’une semaine avant l’entrée en vigueur du Brexit, l’accord commercial entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne a laissé de côté les îles Malouines parmi le reste des territoires britanniques d’outre-mer. Cela signifie que toute la production de la pêche que les îles exportent vers l’UE perdra ses avantages commerciaux, qu’il y aura des quotas sur les ventes et qu’elle sera soumise à des tarifs douaniers.

Non seulement la Grande-Bretagne est concernée par cet accord, mais également l’Espagne, l’un des pays vers lesquels est envoyé une grande partie de la pêche, principale source de revenus des insulaires. En particulier, l’impact sera perceptible dans la commercialisation du calmar que les bateaux espagnols pêchent dans ces eaux territoriales, et dont 79000 tonnes ont été exportées en 2019, ce qui représente un montant proche de 200 millions d’euros, environ 25% des importations de poisson dans le port de Vigo, en Galice.

Les îles pourraient donc commencer à payer des tarifs compris entre 6% et 18% pour les produits qui souhaitent faire entrer sur le marché européen. De plus, les revenus de l’octroi de licences de pêche aux navires étrangers diminueront également, ce qui, aux Malouines, représente entre 50% et 60% de la recette fiscale.

Pour ceux qui auraient oublié …

« Les îles Malouines (ou les îles Falkland pour les anglais) sont un archipel composé de deux îles principales et de 700 îlots de l’Atlantique Sud. Elles sont situées à 464 km des côtes de la Patagonie argentine. La superficie de l’archipel est de 12 173 km2 pour une population d’un peu plus de 3 300 habitants, dont les deux tiers résident dans la capitale, Stanley. En 1833, le Royaume-Uni conquiert l’archipel qui devient progressivement une colonie britannique. L’Argentine revendique cependant son droit sur les îles et défend sa souveraineté. Les îles font l’objet d’intérêts géopolitiques qui se confirment depuis quelques années. En plus de disposer de ressources maritimes importantes (le Royaume-Uni applique une taxe pour les bateaux naviguant dans les eaux de l’île), des gisements de pétrole auraient été découverts dans la zone. Difficile de se montrer optimiste au sujet d’un retour aux négociations dans le futur, puisque le Royaume-Uni reste depuis plusieurs siècles une grande puissance maritime, qui n’a aucun intérêt à perdre ses bases d’outre-mer. Un éventuel consensus avec l’Argentine raviverait également les tensions avec l’Espagne au sujet de Gibraltar. »

C.A.T

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