25 mai, 2024
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Laponie: les menaces environnementales qui pèsent sur le peuple Sámi

Les dommages environnementaux mettent en danger les Sámi, une population indigène qui vit sur un territoire entre la Norvège (40 000 individus), la Suède (20 000), la Finlande (10 000) et la Russie (2 000).

Ce peuple voué avant tout à l’élevage des rennes (considérés comme « semi-domestiqués » et élevés en totale harmonie avec leurs rythmes et leurs besoins), à la chasse, la pêche, la cueillette et l’artisanat, conserve encore aujourd’hui un mode de vie simple, dans le plus profond respect de la nature et de l’environnement.

La principale question contre laquelle le peuple Sámi se bat depuis des siècles est celle du droit à la terre. Depuis des décennies, en effet, ils s’opposent à l’expropriation des terres traditionnellement dédiées au pâturage des rennes pour exploiter les ressources minérales ou construire des infrastructures et des parcs éoliens.

En 2020, les parlements sámi norvégien et finlandais avaient réussi à mettre un véto à la construction d’un réseau ferroviaire qui devait relier la ville de Rovaniemi et l’océan Arctique, avec une route vers le port norvégien de Kirkenes.

Cependant, en ce qui concerne l’exploitation minière, le gouvernement a autorisé et autorise toujours les entreprises à creuser d’énormes mines à ciel ouvert sur les terres sámi, puis à déverser des déchets minéraux toxiques dans les fjords. Ces exploitants sont autorisés à déposer jusqu’à deux tonnes de déchets (principalement des excès de roche avec des traces de cuivre et de nickel) dans le Repparfjord, un fjord riche de pêche qui abrite un collectif de pêcheurs norvégiens et sámi.

En outre, au cours des deux dernières décennies, la Norvège s’est efforcée de réduire sa dépendance au pétrole et au gaz en augmentant la production d’énergie renouvelable, comme l’énergie éolienne, pour se préparer à une transition vers une économie plus verte. De nombreux nouveaux projets de construction de parcs éoliens seront implantés en Laponie. Pour les compléter, il sera nécessaire de construire des routes et de grandes installations industrielles dans la zone d’élevage sámi. Le cheptel local de rennes en paierait les conséquences, car en l’absence de vastes zones non perturbées, les bergers seraient contraints d’abandonner complètement leur activité.

Pour cette raison, les communautés sámi considèrent les investissements du gouvernement norvégien dans l’énergie éolienne sur leurs terres comme du colonialisme vert, c’est-à-dire l’extraction déguisée de ressources naturelles en réponse au changement climatique.

Aux importantes surfaces de pâturage perdues en raison des diverses activités industrielles s’ajoutent les problèmes liés au réchauffement climatique. La hausse des températures dans l’Arctique, trois fois plus rapide que la moyenne mondiale, a des conséquences désastreuses pour les troupeaux de rennes, mettant en péril le mode de vie sámi.

Beaucoup se demandent à quelle vitesse les animaux pourront s’adapter à la vitesse des changements environnementaux en cours. Vivre en marge de la crise climatique a donc fait peser de nouvelles menaces sur le mode de vie des Sámi, sur leur culture, leur langue et leurs moyens de subsistance.

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