Le bilan de l’été touristique en France se dessine avec des résultats contrastés, révélant une saison mitigée selon les régions et les segments. Si certaines métropoles comme Paris enregistrent une baisse notable par rapport à l’été olympique de 2024, d’autres destinations secondaires et le secteur du luxe affichent une belle progression, offrant un tableau nuancé d’une industrie sous pression face aux enjeux du pouvoir d’achat.
Un recul global masqué par les JO 2024
Au niveau national, les professionnels des hôtels, résidences et villages de vacances enregistrent une baisse de 9 % de leur chiffre d’affaires (CA) par rapport à l’été 2024, une année marquée par l’élan exceptionnel des Jeux olympiques de Paris. Cette chute est cependant à relativiser : comparé à 2023, le marché progresse encore de 5,6 % sur les sept premières semaines, signe d’une sacrée résilience. Selon un spécialiste des statistiques, cette comparaison avec 2024 biaise les repères, rendant l’analyse plus complexe.

Métropoles en repli, territoires en essor
Les grandes villes subissent un net recul. Paris, qui a brillé lors des JO 2024, voit sa fréquentation chuter de 19 % par rapport à 2024, tandis que Lyon (-10 %), Marseille (-6 %) et Lille (-27 %) suivent cette tendance à la baisse, pesant sur les résultats nationaux. À l’inverse, les destinations secondaires tirent leur épingle du jeu. La Côte d’Azur, avec Nice et Cannes (+6 % par rapport à 2024, et près de +20 % sur deux ans), la Bretagne (+10 %), la Normandie (+8,5 %), la montagne (+7,5 % tous massifs, jusqu’à +9 % dans les Alpes du Nord) et les littoraux (+5 %) enregistrent des hausses significatives. Une recomposition similaire se dessine à l’international, avec des reculs à Madrid et Barcelone en Espagne, tandis que la Côte basque et l’Andalousie progressent.

Luxe en croissance grâce à la clientèle étrangère, pouvoir d’achat sous tension pour les Français
La fracture se retrouve aussi dans les comportements des vacanciers. Si les Français sont nombreux à partir, ils réduisent leurs dépenses sur place. Le segment économique stagne, tandis que le haut de gamme et le luxe continuent de croître, portés par une clientèle internationale aisée. Ce dynamisme offre une bouffée d’oxygène à une économie française autrement atone, mais accentue une fracture sociale préoccupante, les classes moyennes et populaires étant contraintes de limiter leurs budgets.
Une saison à double visage
Cet été 2025 illustre ainsi une polarisation : les métropoles peinent à maintenir leur attractivité, tandis que les territoires ruraux, côtiers et montagnards séduisent une clientèle en quête d’authenticité et d’économies. Le luxe, lui, tire profit de la demande étrangère, notamment sur la Côte d’Azur et dans les stations alpines.

La destination France n’est pas absente dans les agences de voyages
Nous avions déjà observé que la France était une des rares destinations en hausse auprès des professionnels du tourisme. L’offre est très fragmentée et relativement ignorée des voyagistes français à l’exception de Fram. On peut signaler que les agences à l’enseigne de la grande distribution (Carrefour voyages, Auchan Voyages, Leclerc Voyages) proposent depuis longtemps des offres dans l’hexagone allant du camping au club de vacances en passant par la location.