Dans un monde où les selfies au mont Fuji valent plus que la paix des locaux, les destinations touristiques sortent l’artillerie lourde contre le surtourisme. Mais ces remèdes miracles tiendront-ils la route, ou finiront-ils par chasser les dollars avec les touristes ?

Le tourisme, ce géant économique autrefois intouchable, fait face à une révolte : nuisances, pollution, incivilités. De Kyoto à Copenhague, les autorités innovent pour réguler les flux sans tuer la poule aux œufs d’or. La BBC liste taxes, interdictions, répression et récompenses comme armes de choix.
Stratégies en action
Au Japon, on dresse des barrières noires pour cacher le mont Fuji des « instagrammers » fous – une solution visuelle qui frise l’absurde, mais protège les toits des escalades sauvages. À Kyoto, apps et campagnes redirigent vers l’inconnu : « Pas de solution miracle », avoue Kousaku Ono, responsable du tourisme durable.
Exemples percutants

Aux États-Unis, les parcs nationaux taxent les étrangers à 100 dollars l’entrée – un coup de portefeuille qui, selon Kevin Jackson d’EXP Journeys, ne découragera pas les riches, mais pourrait booster les coins oubliés comme Canyonlands. En Jamaïque, une « assurance pluie » rembourse les averses : ironie du sort pour relancer la basse saison post-ouragan.
Innovations critiques
En Espagne, l’IA des Baléares anticipe les bouchons humains, suggérant vannerie au lieu de plages bondées – mais est-ce assez pour calmer les manifestations antitouristes ? Au Danemark, CopenPay récompense les éco-gestes : ramassez des déchets en kayak, gagnez une visite gratuite. Plus de 30 000 touristes conquis, mais sept sur dix changent-ils vraiment ?
Pour finir…
Ces mesures, de la répression nippone à la carotte danoise, posent des conditions au tourisme de masse. Reste à voir si elles canalisent les foules ou masquent un problème insoluble : après tout, qui dira non à un voyage quand le monde entier est à un clic ?
Source slate.fr – Par François Montcorbier


