Longtemps confidentielle, la Géorgie reste une destination encore préservée du tourisme de masse.
Après une attachante visite de l’Arménie, il y a quelques années, je viens de découvrir la Géorgie orientale. Au Sud, ce pays du Caucase jouxte la Turquie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Et au Nord, la gourmande Russie, qui a déjà annexé l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. En incluant ces deux territoires constituant 20% de sa superficie, la Géorgie s’étend sur 69.700 km3. Et compte 3,71 millions d’habitants dont 1,3 million dans la capitale Tbilissi. Autant dire qu’on ne se bouscule pas dans ce pays accueillant.
Riche patrimoine religieux
Les orthodoxes représentent 70% de la population. Dans ce pays qui a subi le joug de
l’URSS athée pendant près d’un demi-siècle, on a assisté à un renouveau de la pratique religieuse, dès son indépendance en 1991. Si bien qu’on ne compte plus le nombre d’églises orthodoxes. Si certaines remontent au X° siècle, d’autres sont plus récentes. Par exemple à Tbilissi, la cathédrale de la Sainte Trinité a été inaugurée en 2006, sur la colline de Saint-Elie. Siège du patriarcat de l’Eglise orthodoxe de Géorgie, elle domine le fleuve Koura. Autre exemple : dans la passe de Darial, à la frontière russe, le monastère des archanges a été construit de 2004. Décédé le 17 mars 2026, le patriarche géorgien Elie II voulait en faire « un symbole de pays entre les deux pays ». Un vœu pieux, puisqu’une guerre géorgienne russe est survenue en 2008, après plusieurs jours d’accrochages frontaliers entre les géorgiens et des séparatistes sud-ossètes.
Des sites inscrits au patrimoine de l’Unesco
Ancienne capitale du royaume géorgien oriental, Mtskheta, située à 20 km de la capitale
Tbilissi, fut un important centre religieux. Elle abrite deux monuments de la ville reconnus par l’UNESCO – le monastère de Jvari et la cathédrale de Svetitskhoveli – superbes exemples de l’architecture médiévale géorgienne.
Le Monastère de Jvari fut construit à la fin du VIe siècle sur un promontoire rocheux, sous le règne du roi Guaram Ier. Précisément sur le site où sainte Nino avait érigé une croix de bois pour apporter le christianisme en Géorgie, deux siècles auparavant. Cet édifice constitue l’un des premiers exemples de l’architecture en croix inscrite qui allait définir les églises médiévales géorgiennes.
Entourée d’une muraille et avec des pierres polychromes en façade, la cathédrale de Svetitskhoveli remonte au XIe siècle. Avec ses 54 m de haut, cette église, construite sur un plan cruciforme à trois nefs et surmontée d’une haute coupole, compte parmi les plus grandes cathédrales historiques de Géorgie et abrite de riches fresques.
Un trésor en altitude
Même si elle n’est pas inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, l’église de la Trinité de Guerguéti, du XIVe siècle, m’a vraiment impressionnée. Son clocher se détache sur les neiges éternelles du fameux mont Kazbek (5 047 mètres d’altitude).
Pour arriver à cette petite merveille qui se dresse fièrement à 2.170 m d’altitude, les randonneurs partent de la ville de Stéphantsminda située à 1.700 m d’altitude. Il faut donc gravir le dénivelé, quitte à s’accrocher à une corde, en cas d’éboulement d’une partie du chemin de randonnée.
Nous avons tranché pour une solution intermédiaire : montée en 4X4, puis nous avons profité d’un arrêt pour finir le trajet à pied.
Les balcons à Tbilissi
Il suffit de se promener dans la vieille ville pour admirer les balcons en bois. Ces garde-
corps ajourés forment des galeries en avancée sur la rue et/ou la cour et sur rue. D’inspiration ottomane et persane, ils font le charme des maisons traditionnelles, surtout s’ils sont restaurés. Mais dans le dédale des rues, beaucoup de travaux restent à faire.
Voici un petit point architectural signé par l’Unesco : « Le balcon et la cour deviennent des composantes indissociables des maisons de Tbilissi…. Un modèle tbilissien intéressant d’habitation ouverte se développe grâce à une liaison ingénieuse entre les cours, les balcons et la rue ».
Des vins renommés

Pays pionnier de la vinification du raisin, la Géorgie peut se targuer d’une tradition viticole vieille de 8 000 ans. Dans ce pays, les vignerons utilisent parfois des qvevris, de grandes amphores en argile, enterrées dans le sol depuis plusieurs siècles. Alors le vin fermente avec la peau, les pépins, voire les rafles. « Avec cette méthode, nous ne recourons pas à la technologie moderne ni aux ajouts chimiques » explique un vigneron. Avec le temps, ce vin naturel se distingue par une robe ambrée.
Suite au classement au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco de cet art ancestral, l’œnotourisme se développe. Les vignerons ouvrent à la visite, leur exploitation pour déjeuner tout en dégustant leurs vins naturels et ceux vinifiés à l’européenne.
Avec environ 450.000 hectares et 18 régions viticoles, le vignoble georgien compte plus de 400 cépages autochtones. L’Agence Nationale du Vin met en avant à l’étranger, de belles appellations : le Rkatsiteli, le Mtsvane, le Kisi et le Saperavi. Avec les sanctions imposées à la Russie, ce pays du Caucase cherche à diversifier ses marchés d’exportation, notamment en Europe et même en France. Comme vient de le signaler notre confrère un œil en salle, « les vins géorgiens veulent séduire la gastronomie française »
Un pays encore authentique
En Georgie, il faut déambuler dans les marchés où des paysans vendent leur production. Les noix constituent la pierre angulaire de la cuisine georgienne. Vous les savourerez en hors d’œuvre hachées avec des aubergines et des poivrons. Et bien sûr dans de succulents desserts. Le fromage de vache s’invite dans des tartes salées.
Mélange les traditions méditerranéennes et perses, l’on vous sert quasiment en une seule fois, une dizaine de plats à table. Sans les débarasser au fil du repas !
Chez l’habitant ou le vigneron, le sens de l’hospitalité rende ce pays très attachant. Accessible en vol non stop d’une durée de 4h30 au départ de Paris, cette destination est à recommander du printemps à l’automne.
Martine Denoune
Photos de Martine Denoune
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La Géorgie est effectivement une pépite a découvrir, très bel article donnant vraiment envie d’y partir sans hésitation