La ville de Barcelone envisage une mesure drastique pour endiguer le surtourisme : tripler la taxe quotidienne pour les passagers de croisière effectuant des escales de courte durée. Si le projet bénéficie d’un soutien au conseil municipal, il se heurte à une levée de boucliers du Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC), qui redoute un affaiblissement de la compétitivité de la destination.
Une taxe qui passerait à 30 euros
La proposition, qui doit encore être validée par le Parlement de Catalogne, vise spécifiquement les navires restant à quai moins de 12 heures. Actuellement fixée à 11 € (comprenant une surtaxe municipale de 5 € et un prélèvement régional de 6 €), la redevance atteindrait 30 € par jour.
Cette hausse ciblée ne concernerait pas les itinéraires débutant ou se terminant à Barcelone, ces séjours étant jugés plus bénéfiques pour l’économie locale — notamment par le recours aux hôtels et aux services de transport. Pour les élus municipaux comme Marc Serra (BComú), l’objectif dépasse la simple génération de recettes : il s’agit d’un « moyen de dissuasion » pour réguler ce type de tourisme jugé peu lucratif au regard des perturbations générées.
L’inquiétude du WTTC : risque de désavantage concurrentiel
Le WTTC, par la voix de sa PDG Gloria Guevara, a exprimé de vives préoccupations face à cette perspective. Selon l’organisation, cette « hausse brutale » pourrait placer Barcelone dans une situation de désavantage concurrentiel par rapport aux autres ports méditerranéens.
Les arguments avancés par le WTTC sont multiples :
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Ajustement des dépenses à terre : L’augmentation des coûts pour les visiteurs réduirait probablement leur pouvoir d’achat à terre, avec des répercussions négatives sur les commerces locaux et l’emploi.
- Risque de ralentissement économique : Le WTTC rappelle que l’industrie des croisières a généré 11,9 millions d’euros de taxes pour la mairie en 2024. Avec une demande internationale déjà fragile — marquée par un recul de 3,3 % des passagers en transit en 2024 — l’organisation craint un impact sur la contribution fiscale globale.
- Un rôle de vecteur de séjours futurs : Citant des données de la CLIA, le WTTC souligne que plus de 60 % des croisiéristes reviennent ultérieurement visiter une destination découverte lors d’une escale.
Vers une solution concertée ?
Le WTTC plaide pour une approche plus constructive, préconisant une planification à long terme plutôt que des « ajustements fiscaux à court terme ». L’organisation exhorte les autorités locales à collaborer avec l’industrie touristique pour concilier objectifs de durabilité et retombées économiques.
Alors que certains partis politiques réclament un plafond strict sur le nombre annuel de passagers, le conseil municipal juge cette option techniquement complexe. Le débat reste donc ouvert : Barcelone parviendra-t-elle à trouver l’équilibre entre la gestion des flux touristiques et la préservation de son attractivité économique ?



