Le paysage ferroviaire français s’apprête à tourner une page historique. Lors d’une conférence de presse tenue le jeudi 1er octobre 2026, Jean Castex, le PDG de la SNCF, a officialisé l’arrivée prochaine des toutes nouvelles rames « Oxygène », dont la mise en service commerciale est programmée pour l’été 2027.
Après une longue campagne de tests amorcée sur l’anneau de Velim en République tchèque puis sur le réseau français, elles ont été conçues pour remplacer définitivement les vétustes rames Corail datant des années 1970 et 1980. Ces nouveaux trains automotrices (répertoriés sous la désignation technique de rames Z 26700) circuleront en priorité sur les lignes structurantes des Intercités les plus sollicitées, à savoir les liaisons Paris-Clermont-Ferrand et Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, avant une extension prévue vers la liaison Bordeaux-Marseille à partir de 2028.
Cette modernisation majeure intervient à point nommé, alors que ces lignes ont particulièrement souffert des récentes vagues de chaleur estivales, contraignant la compagnie ferroviaire à multiplier les suppressions préventives de trains en raison de défaillances chroniques sur la climatisation des anciennes voitures (les climatiseurs cessant de fonctionner dès lors que les températures extérieures ont dépassé les 38 °C).

Fabriquées sur le site historique du constructeur CAF France à Reichshoffen, en Alsace, ces rames ultra-modernes de dix caisses affichent des caractéristiques techniques et capacitaires de premier plan. Longues de 188 mètres pour une vitesse maximale de 200 km/h, elles offriront une capacité totale de 418 places (réparties entre 103 sièges en première classe et 317 en seconde classe), avec la possibilité d’être couplées jusqu’à deux rames en service commercial. En effet, le train Oxygène redéfinit les standards du voyage longue distance. À l’intérieur, tout a été pensé pour favoriser l’expérience des passagers à bord : des sièges plus larges, ergonomiques et inclinables, un aménagement en quinconce en première classe pour voyager à deux, des prises électriques et ports USB individuels à chaque place, ainsi qu’un système d’indication de réservation visuel. Les voyageurs bénéficieront également de voitures calmes réservables via Seat Map, d’un accès Wi-Fi performant enrichi de contenus territoriaux, d’écrans d’information modernes, d’une nurserie dotée d’une table à langer, de dispositifs de vidéoprotection renforcés, ainsi que de dix emplacements vélos réservables, répondant ainsi aux exigences croissantes d’une mobilité durable et multimodale.
L’accessibilité a également été érigée en priorité absolue, avec des zones spécifiques adaptées aux utilisateurs de fauteuils roulants, des boucles audionumériques et des espaces dédiés aux vélos équipés de bornes de recharge.
Notons que ce programme de renouvellement majeur incarne l’un des plus importants investissements ferroviaires français hors TGV, financé principalement par l’État à hauteur de plus de 1,4 milliard d’euros pour l’acquisition de 50 rames destinées à moderniser en profondeur les Trains d’Équilibre du Territoire (TET). Cette modernisation du matériel roulant s’accompagne en outre d’un plan colossal de régénération des infrastructures mené par SNCF Réseau et l’État, représentant plus de 2,3 milliards d’euros d’investissements pour garantir la ponctualité et la fiabilité de ces lignes de force.
Photo de l’intérieur des nouvelles lignes Oxygène de la SNCF.
Le déploiement imminent des rames Oxygène marque un tournant décisif dans la relance et la crédibilisation de l’offre ferroviaire Intercités sur les grands axes radiaux français. En effet, les rames Corail, circulant sur les grands axes français depuis la fin des années 1970 et les années 1980, constituaient l’archétype du train classique grandes lignes en France. Tourner la page de ces voitures emblématiques, bien que modernisées au fil du temps, symbolise la fin d’une époque ferroviaire. De plus, ces nouvelles rames redéfinissent totalement les standards de service sur les lignes Intercités majeures.
Pour les autorités organisatrices et la SNCF, la modernisation du matériel roulant constitue l’unique levier pour regagner la confiance des voyageurs face aux aléas climatiques et à la concurrence routière. En effet, cette nouveauté traduit bien la fin d’un monopole technique vieillissant (les rames Corail) et l’arrivée d’une bouffée d’oxygène indispensable pour moderniser l’épine dorsale des trains classiques nationaux. À l’avenir, la pérennité de ces lignes structurantes reposera sur la capacité industrielle à livrer et à maintenir en conditions opérationnelles des parcs capacitaires haut de gamme, conciliant confort moderne, transition environnementale et exigences de régularité sur l’ensemble du territoire national.



