26 mars, 2026
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SETO : la co-responsabilité au cœur de la crise

Réuni du 25 au 27 mars dans le cadre du Forum du Seto, le secteur du tourisme organisé a remis au centre des discussions la notion de co-responsabilité entre producteurs et distributeurs.
 
Dans un contexte de crise au Moyen Orient ayant entraîné des rapatriements massifs, les professionnels appellent à une clarification du partage des charges et des risques, conformément à l’esprit du Code du tourisme.
Forum du Seto (Crédit photo Evelyne Dreyfus)
Dès l’ouverture des échanges, la question de l’équité entre les différents acteurs de la chaîne de valeur s’est imposée. Les tour-opérateurs dénoncent une prise en charge quasi exclusive des coûts liés aux rapatriements de clients, alors même que le cadre légal évoque une responsabilité partagée en cas de circonstances exceptionnelles. Cette situation met en lumière un déséquilibre structurel et relance le débat sur la répartition des efforts financiers.
Autre point de crispation : la gestion des rapatriements institutionnels. Des clients ayant réservé via des plateformes comme Airbnb ou Booking.com ont bénéficié de dispositifs publics à des tarifs jugés modérés, alors même que ces structures, ne payent pas d’impôts en France, tandis que les tour-opérateurs ont dû affréter eux-mêmes des solutions souvent beaucoup plus coûteuses pour leurs propres clients, grâce à une solidarité interprofessionnelle.
Forum du Seto (Crédit photo Evelyne Dreyfus)
Dans ce contexte, plusieurs voix appellent à repenser en profondeur la répartition des risques. Mais l’hétérogénéité des acteurs rend difficile l’émergence d’un consensus global, renforçant la nécessité d’un cadre commun clarifié.
Le débat met également en évidence les limites actuelles du Code du tourisme qui pose le principe d’une co-responsabilité entre organisateurs et distributeurs mais ne précise pas les modalités concrètes de répartition, laissant place à des interprétations divergentes et à d’éventuels contentieux. Une clarification juridique apparaît donc nécessaire
Forum du Seto (Crédit photo Evelyne Dreyfus)
Parallèlement, la question de la solidarité financière au sein de la profession a refait surface. L’idée d’un fonds dédié, capable d’amortir les chocs en période de crise majeure, suscite un intérêt renouvelé. Des initiatives passées, jamais concrétisées, auraient pourtant permis de constituer des réserves significatives. Aujourd’hui, certains acteurs relancent le débat autour d’un « fonds de calamité » sectoriel, inspiré de modèles existant à l’étranger, afin de renforcer la résilience collective.
Forum du Seto (Crédit photo Evelyne Dreyfus)
Enfin, au-delà des enjeux strictement sectoriels, le Forum a également été marqué par des interventions inspirantes. Un
duplex à distance avec Carlos Ghosn, depuis le Liban, est revenu sur les responsabilités des entrepreneurs dans un environnement international instable, tout en évoquant la situation au Moyen-Orient. De son côté, l’éditeur et écrivain Jean-François Colosimo a proposé une lecture des dynamiques religieuses qui influencent aujourd’hui les équilibres mondiaux, élargissant ainsi la réflexion aux grands enjeux géopolitiques contemporains.
Le Forum s’achève sur un constat perceptible : la volonté de solidarité, des membres du SETO, qui accueille cinq nouvelles structures de tour-opérateurs cette année ainsi que divers membres associés.
Par Evelyne Dreyfus

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