28 juin, 2026
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Le SETO donne son feu vert à la reprise des voyages dans le Golfe persique

Après des mois d’une paralysie quasi-totale liée à la guerre au Moyen-Orient, un vent d’apaisement souffle enfin sur la péninsule arabique. Suite à la signature d’un protocole d’accord diplomatique entre les États-Unis et l’Iran, le Syndicat des Entreprises du Tour Operating (SETO) lève ce vendredi 26 juin 2026 ses restrictions de voyage vers les principales destinations du Golfe persique.

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Réouverture des départs et reprise des transits aériens

L’actualisation des recommandations du SETO fait suite à l’allègement des conseils aux voyageurs du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE). Les autorités françaises ont officiellement levé l’interdiction globale qui pesait sur la région depuis le début des hostilités.

En conséquence, le syndicat recommande à ses membres les dispositions opérationnelles suivantes :

  • Reprise immédiate des forfaits : Les départs de voyages à forfait vers l’Arabie SaouditeBahreïn, les Émirats arabes unis, la JordanieOman et le Qatar peuvent reprendre normalement.

  • Feu vert pour les hubs aériens : Les vols long-courriers transitant par les grands aéroports de la région (Doha, Dubaï, Abou Dabi) peuvent s’effectuer sans restriction. Le SETO tient à ce titre à rassurer le marché en rappelant la sécurité absolue des vols de continuation opérés par les grandes compagnies du Golfe.

  • Destinations maintenues sous suspension : Par souci de visibilité, les départs vers le Koweït, l’IrakIsraël et le Liban restent suspendus jusqu’à nouvel ordre.

Détroit d’Ormuz : De l’espoir d’une accalmie maritime au blocage brutal

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Une reprise prometteuse amorcée mardi 

Dans un premier temps, la décision du secteur touristique s’inscrivait dans un contexte d’accalmie géopolitique globale. Le récent déblocage diplomatique, marqué par un accord américano-iranien le 17 juin, avait permis à l’Organisation maritime internationale (OMI), agence de l’ONU, d’annoncer la mise en place d’une vaste opération d’évacuation de plus de 11 000 marins civils, immobilisés dans le Golfe persique depuis le début de la guerre fin février.

Le trafic maritime avait même redémarré de manière spectaculaire : selon les relevés de la plateforme Kpler, un record de 36 navires marchands de matières premières ont franchi le détroit lors de la journée du lundi 22 juin. Si cela ne représente encore qu’un tiers du trafic en temps de paix (environ 120 passages quotidiens), et que plus de 500 navires attendaient encore de pouvoir reprendre leur route, les autorités se voulaient rassurantes en évoquant la création d’une « ligne de communication » directe entre Téhéran et Washington.

Le coup d’arrêt inattendu de ce jeudi 

Cependant, la situation sécuritaire a démontré son extrême volatilité. Dès ce jeudi 25 juin, l’OMI a été contrainte de suspendre son plan d’évacuation maritime. Cette décision radicale fait suite à l’attaque d’un navire — visé par un projectile alors qu’il avait emprunté ce passage stratégique en dehors du protocole établi par les autorités iraniennes. Si l’agence britannique UKMTO n’a pas formellement désigné de responsable, des autorités américaines pointent directement les forces armées iraniennes.

Ce regain de tension met en lumière les désaccords géopolitiques profonds qui persistent sur le contrôle de la voie, que l’Iran entend désormais « administrer ». La question d’éventuels « droits de redevance » exigés par Téhéran constitue un point de rupture majeur. 

Actuellement en tournée dans le Golfe, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a fermement averti que Washington n’accepterait pas un accord « à n’importe quel prix ». Il a catégoriquement rejeté l’idée de payer pour l’utilisation d’une voie navigable internationale, craignant que cela ne se propage « à travers le monde comme une épidémie ».

Une reprise économique sous haute surveillance

Malgré cette transition positive, les analystes financiers incitent à la prudence. Le baromètre économique de juin 2026 publié par le spécialiste des risques Coface met en avant que cette « pause fraîcheur dans le Golfe persique » ne signifie pas pour autant un retour immédiat à la normale. L’intensité et la durée de ce conflit de plus de quinze semaines ont profondément désorganisé l’économie mondiale et grippé les chaînes de valeur.

Selon Jean-Christophe Caffet, chef économiste de Coface, les perturbations accumulées (délais de livraison allongés, coûts logistiques accrus) vont continuer de peser sur la rentabilité des entreprises à l’échelle internationale. Coface a ainsi procédé à 41 déclassements sectoriels répartis dans 19 pays et révisé à la baisse ses prévisions de croissance mondiale à 2,3 % pour l’année 2026, avec un prix moyen anticipé du baril de Brent stabilisé à 85 $ (l’attaque de jeudi ayant d’ailleurs fait rebondir les cours à la hausse).

Le redémarrage du bloc Moyen-Orient : un soulagement touristique teinté d’incertitudes
La mise à jour des recommandations du SETO est la meilleure nouvelle de ce début d’été pour les tour-opérateurs et les agences de voyages. Le blocage des transits aériens par Dubaï ou Doha représentait un casse-tête opérationnel majeur et un surcoût financier important pour toutes les liaisons vers l’Asie et l’océan Indien.

La réouverture commerciale de destinations phares du catalogue haut de gamme et hivernal (comme Oman, Dubaï ou l’Arabie Saoudite) va permettre aux professionnels de relancer sereinement leurs campagnes de réservations pour l’arrière-saison. L’impact de la crise se fera toutefois encore sentir sur le portefeuille des clients : avec un baril à 85 $ et l’inflation logistique enregistrée ces derniers mois, et, la volatilité maritime toujours en cours dans le détroit d’Ormuz, les tarifs des forfaits et des billets d’avion devraient rester orientés à la hausse pour le reste de l’année. 

Sources : Syndicat des Entreprises du Tour Operating (SETO), communiqué du 26 juin 2026 ; Le Parisien avec AFP (23 juin 2026); Organisation maritime internationale (OMI) / plateforme de données Kpler via TV5Monde (24 et 26 juin 2026) ; Sud-Ouest (26 juin 2026) ; Baromètre des risques mondiaux de Coface (23 juin 2026).

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