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Baléares : Stop au tourisme alcoolisé ?

En janvier dernier, le gouvernement régional des îles Baléares a interdit ce qu’on connaît désormais comme « tourisme de l’excès« . Le décret a pour objectif interdire la publicité liée à la consommation d’alcool, les bars ouverts, les happy hours, les distributeurs automatiques, limiter les fêtes sur les bateaux le long de la côte et empêcher la vente de boissons dans les magasins de 21h30 à 8h00. Mais le récent épisode de la bagarre sur un vol KLM entre Amsterdam et Ibiza sème des doutes sur un possible changement d’habitudes : en effet, les passagers impliqués étaient alcoolisés. 

Car cela fait plusieurs décennies que l’intense trafic aérien sur l’archipel a contribué à installer dans des endroits comme Sant Antoni (Ibiza), Playa de Palma et Magaluf (Majorque) et Formentera, l’arrivée massive principalement de jeunes Britanniques, Allemands et Italiens, attirés par la frénésie des méga fêtes et de l’alcool à bas prix. Des visiteurs qui, selon les résidents : « se lèvent tard, passent l’après-midi à la plage à boire de l’alcool acheté dans les grandes surfaces, se promènent jour et nuit torse nu et en maillot de bain, dînent d’un plat congelé, puis passent la nuit dans les discothèques ».

En pleine saison, et pour cause de la pandémie, certaines voix se lèvent pour essayer d’enrayer ce que l’on considère comme un tourisme grossier et opportuniste. Iago Negueruela, conseiller des Baléares pour le modèle économique, le tourisme et le travail, se dit prêt à promouvoir les îles en tant que « destination de qualité » ; pour les autorités, la difficulté sera sortir de la grande polarisation qui existe aux Baléares entre les endroits pour tourisme de masse et ceux très haut de gamme, ainsi que du cloisonnement par nationalité propre à chaque île (Anglais principalement à Ibiza, Allemands à Majorque et Italiens sur Formentera). 

En outre, le décret, qui a une validité de cinq ans, punit avec l’expulsion des hôtels des clients qui pratiquent le « balconing », c’est-à-dire des sauts dans la piscine depuis les balcons situés dans les étages, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 60 000 euros. Des sauts, bien entendu, qui s’exécutent comme des bravades en plein état d’ivresse et qui causent, chaque année, bon nombre de morts. Un coup d’épée dans l’eau, puisque la plupart d’entre eux ne payent jamais l’amende une fois qu’ils ont quitté l’Espagne.

Vous ne connaissez pas le « balconing » ?

 

C.A.T.

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