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L’Europe, pour une fois, ne veut pas prendre trop de retard sur la monnaie numérique

La création d’une monnaie numérique européenne est envisagée par Bruxelles. L’Europe veut accélérer la cadence sur les devises 2.0 après la menace du Libra de Facebook. Nous sommes aujourd’hui totalement dépendants des GAFA, en termes de réseaux sociaux, ou de façon plus importante, de l’externalisation des besoins informatiques en matière de stockage, de serveurs ou de mise en réseau comme le propose Amazon AWS aux entreprises, une filiale très rentable du groupe américain.

L’euro numérique fait son chemin

L’idée d’un euro « numérique » fait son chemin. Alors que les projets de cryptomonnaies d’entreprises et d’Etats se multiplient, Bruxelles souhaiterait que la banque centrale européenne (BCE) travaille à la création de la sienne. Selon les premiers éléments, cet « euro numérique » serait du cash sous forme électronique. Ce projet n’a donc, a priori, que peu à voir avec les monnaies cryptographiques comme le bitcoin basé sur la « blockchain ».

Les grands pays européens craignent le Libra de Facebook

Paris, Berlin, et désormais d’autres capitales (Rome), émettent depuis semaines leurs craintes face au projet Libra de Facebook. « Les deux projets ne sont pas en opposition, ils sont même complémentaires », explique-t-on du côté de l’association Libra qui réunit les 21 membres du projet. Mais la méfiance est désormais de mise.

L’Europe était resté passive fasse au Bitcoin

Le changement de ton est notable par rapport à la relative indifférence dont avait fait preuve Bruxelles lors de l’essor du bitcoin. Il se justifie par l’ampleur que pourrait prendre une monnaie lancée par un acteur du poids de Facebook et des risques systémiques pouvant alors en découler.

Dans les projets actuels, le grand public placerait son argent dans la BCE

Ce projet, dans sa version la plus ambitieuse, permettrait aux consommateurs de déposer leur argent électronique directement auprès de la BCE, et sans la nécessité de recourir à un intermédiaire comme une banque. Si le grand public peut placer son argent numérique directement auprès de la banque centrale, ne sera-t-il pas incité à bouder sa banque ? Les banques centrales craignant un affaiblissement de leur système bancaire veulent d’abord renforcer les transactions électroniques pour éviter d’être hors-jeux !

La Chine et d’autres pays veulent avoir leur monnaie 2.0

« La Russie, le Japon et les Etats-Unis n’envisagent pas de tels projets alors que la Suède et l’Uruguay ont déjà lancé des projets tests. La Chine pourrait être le premier grand pays à lancer son crypto-yuan peut-être avant la fin de l’année. Jusqu’ici seules quelques petites îles des Caraïbes comme Grenade et Saint-Christophe-et-Niévès ont lancé leur devise 2.0 ».

Les suédois payent de moins en moins en espèces

La palme de la société la plus avancée au monde revient à la Suède, où quantité de commerces n’acceptent plus le liquide, comme les y autorisent la loi. Les Suédois ne paient plus, ils « swishent », du nom de l’application lancée par les banques du pays (6,2 millions d’utilisateurs, soit plus de 60 % de la population). Alors qu’en 2010, 40 % des achats se réglaient encore par cash, ce pourcentage est tombé à 15 % en 2016, selon la banque centrale suédoise, qui réfléchit depuis 2016 à la création d’une e-couronne. Les échanges en pièces et billets ne pèsent plus que 2 à 3 % du PIB, contre 7 % aux Etats-Unis et près de 10 % dans la zone euro.

En France, nous connaissons cette tendance

Elle aura été accélérée par la crise du Covid19. On paye de plus en plus en présentant notre carte bancaire devant le terminal de payement et de moins en moins en insérant notre carte de crédit. Ce n’est qu’un début. On paye également via le smartphone. Certaines banques permettent d’installer sa carte sur le smartphone. Le payement s’effectue via un QR code et une empreinte digitale du client.

Pour cet article, nous avons repris certains thèmes abordés par des journaux économiques de premier plan comme Les Echos, La Tribune.

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