Tunisie : révolte de la jeunesse dans les villes touristiques ! Pouvons-nous rester indifférents ?

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Nous avons bien vécu pendant de nombreuses années des packages « bon marché » que proposaient la plupart des tour-opérateurs. Aujourd’hui, nous sommes coincés. Le pays est dirigé par des hommes politiques proches des Frères Musulmans et on peut dire qu’on est loin d’une réussite. Mais est-ce une raison pour oublier nos amis tunisiens ?

La Tunisie nous a bien servi pendant des années

Vous le savez, les offres en Tunisie avait un énorme succès. Grâce aux prix modestes, nous avons pu toucher une clientèle qui n’entrait pas en agence de voyages. Il y a eu de bonnes et de mauvaises surprises. Bien sûr, les hôtels n’étaient pas tous parfaits. Certains avaient un grand besoin de remise en état. La nourriture aurait mérité plus d’attention. Mais, globalement, les clients revenaient heureux de leur séjour à Monastir, à Nabeul, à Djerba

Malgré le confinement, ces villes bien connues ont vu des émeutes

Alors que la Tunisie célébrait le dixième anniversaire de sa révolution, des jeunes des quartiers populaires sont sortis à la nuit tombée pour en découdre avec les forces de l’ordre. Ces heurts ont touché toute la Tunisie, de la capitale aux régions défavorisées de l’intérieur, révélant le ras-le-bol des plus défavorisés face à la crise économique et politique que traverse le pays. Monastir mais aussi Sousse, sa voisine, pourtant considérées comme deux villes prospères, n’ont pas échappé au mouvement de colère.

La pandémie et la politique ont créé de fortes inégalités

Les inégalités sont de plus en plus marquées, encore aggravées par les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19. Avant la crise du Covid, le tourisme représentait à Monastir près de 10 000 emplois pour 118 000 habitants. « Ici, tous les jeunes travaillent dans ce secteur, que ce soit pour un job d’été ou pour un travail plus durable. Le président Kaïs Saied s’était déjà rendu dans un quartier populaire pour appeler au calme. Et les appels à stopper les violences se multiplient. Mais sans vraie réponse ni stratégie sociale, le mouvement pourrait durer, craignent beaucoup sur place. En attendant, pour tenter de contenir la contestation, le gouvernement tunisien mise sur la réponse sécuritaire. Le ministère de l’Intérieur faisait état de plusieurs centaines d’arrestations.

Pendant ce temps, blocage inédit au sommet de l’État au moment où le pays s’enfonce dans la crise.

Nous citons des parutions de journaux locaux : « L’État dans l’impasse », constatait mercredi 10 février La Presse, avant de s’interroger : « Comment en sommes-nous arrivés là ? ». Car si la Tunisie a l’habitude des difficultés politiques, « aujourd’hui la crise est tout autre », commente le quotidien. C’est un peu Kafka à la Kasbah, comme on nomme le siège du gouvernement. Rien ne va plus entre les deux chefs de l’exécutif. Il y a un an encore, Hichem Mechichi était l’un des proches conseillers du président nouvellement élu Kais Saied. Mais les voici face à face, tel que les dépeint le journal arabophone Assahafa le 11 février. Dès sa nomination comme Premier ministre en juillet 2020, Hichem Mechichi a pris ses distances avec le chef de l’État. Il s’est même rapproché des partis majoritaires à l’Assemblée, Ennahdha et Qalb Tounes, tous les deux hostiles au président. Un épisode vécu comme une trahison par Kais Saied ».

Le parti Ennahdha place ses cadres et son idéologie islamiste

Ennahdha est, au départ, dans la mouvance des Frères musulmans. Certes, il n’a pas de lien organique avec les Frères musulmans égyptiens mais il est dans l’idéologie des Frères musulmans. Ce parti est dans une mouvance ultra-conservatrice. On cite le journal Jeune Afrique : « Le conseil de la Choura d’Ennahdha a élu un nouveau bureau exécutif, le 18 janvier. Si certains sont des militants de longue date et appartiennent à l’ancienne garde du parti à référentiel islamique, d’autres font leurs premières gammes en politique ». Vous pourrez retrouver la liste dans le lien ICI

Les tunisiens de France désespèrent

Il suffit d’aller sur les réseaux sociaux pour se rendre compte de la désespérance des tunisiens mais également leur amour pour leur patrie. Ils savent aussi que ce ne sont pas les partis islamistes qui pourront résoudre les problèmes au pays. La Tunisie a une frontière « passoire » avec la Libye. L’ingérence de pays étrangers est déjà une réalité. La Tunisie est en danger ! Il semble que la France, enlisée en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, se désintéresse de cette Afrique du Nord. Pourquoi ?

Notre article est sûrement incomplet car nous restons un média d’informations tourisme & lifestyle. Cependant, parfois la politique peut nous empêcher d’évoquer ce que fut un fabuleux pays touristique.

3 Commentaires

  1. Merci pour cet article très intéressant.
    Peu de médias évoquent cette situation préoccupante en Tunisie.
    C’est bien triste pour ce pays qui fût an effet une destination phare pour bien des voyagistes et qui possède tant d’atouts..

  2. Je fais le même constat que Mireille…en effet on ne parle pas beaucoup de la situation en Tunisie…
    Merci à Mistertavel de nous informer sur le sujet .

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