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Une destination – Une chanson : Strawberry fields forever des Beatles

Le titre Strawberry fields forever est sorti le 13 février 1967 au Royaume-Uni, et le dix-septième jour de ce même mois aux États-Unis, et ce fut le premier single à double face A de l’histoire de la musique, composé de cette célébrissime chanson et de la non moins connue Penny Lane.

Il devait à l’origine être inclus dans Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, l’album des Beatles en cours d’enregistrement et dont la sortie était prévue quatre mois plus tard, le 1er juin 1967. Toutefois, cela faisait presque un an que John Lennon avait déclaré dans une interview que les Beatles étaient alors plus populaires que Jésus-Christ, ce qui avait entraîné une avalanche de critiques et une successive baisse des ventes, en plus de l’annulation des tournées internationales. La maison de disques avait donc besoin de sortir quelque chose de vraiment différent pour redorer le blason du groupe, et ils n’ont pas eu d’autre choix que de sortir la chanson, ensemble avec Penny Lane, en version single.

Il s’agit un véritable chef-d’œuvre de la musique moderne, tant sur le plan lyrique que musical. Les paroles mêlent nostalgie, surréalisme et philosophie, tandis que la musique mélange le rock, le psychédélique, le classique et la musique indienne en totale harmonie. C’est la première chanson de l’histoire à utiliser le mellotron, un instrument de musique polyphonique à clavier (une sorte d’ancêtre du sampler) qui produit des sons préalablement enregistrés sur des bandes magnétiques. Il était largement utilisé dans les années 1960 et 1970, notamment par les formations de rock progressif et par les groupes aux tendances psychédéliques de l’époque, comme Traffic, Family ou The Rolling Stones. De plus, tout au long de la chanson, on peut entendre le son du sitar, un instrument indien joué par George Harrison et ajouté à l’enregistrement final pour lui conférer une touche exotique.

John Lennon

On dit que John Lennon aurait trouvé l’inspiration en songeant à son enfance à Liverpool, quand il vivait près d’un orphelinat de l’Armée du Salut. En fait, cet orphelinat ne s’appelait pas “Strawberry Fields” au pluriel mais “Strawberry Field” au singulier. À côté du bâtiment lui-même se trouvait un petit parc où John jouait en compagnie de ses amis d’enfance. Apparemment, Lennon se sentit identifié à ces orphelins en raison de l’abandon qu’il ressentait lorsqu’il habitait avec sa tante Mimi.

De plus, la chanson était accompagnée d’un clip vidéo de grande valeur cinématographique, dans lequel sont utilisées diverses techniques plutôt d’avant-garde pour l’audiovisuel de l’époque, telles que la lecture vidéo à l’envers, le saut entre une scène le jour et la même scène la nuit, et bien d’autres. Les images des quatre Beatles jouant de leurs instruments respectifs ont été enregistrées le 30 janvier 1967 au Knole Park à Sevenoaks, dans le Kent. L’enregistrement de ce clip vidéo et aussi celui de Penny Lane ont eu lieu dans la même zone.

Au Central Park de New York, juste en face de l’immeuble Dakota où habitait Lennon et où il a été tué, il y a un coin qui s’appelle Strawberry Fields où se trouve la célèbre mosaïque-monument avec l’inscription Imagine en son honneur. On dit même qu’une partie des buissons qui s’y trouvent sur place ont été apportés à l’origine du parc de l’orphelinat de Liverpool.

C.A.T.

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