3 mars, 2024
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L’Afrique veut obtenir des compensations pour l’esclavage

“Il est temps pour l’Afrique, dont les fils et les filles ont été restreints dans leur liberté et vendus comme esclaves, de recevoir une réparation”, a déclaré le président ghanéen Nana Addo Akufo-Addo lors d’une conférence sur les réparations organisée ce mois-ci à Accra, la capitale du Ghana. 

L’appel d’Akufo-Addo à une compensation pour les millions d’Africains vendus comme esclaves et autres injustices de l’ère coloniale imposées sur le continent fait partie d’une campagne mondiale croissante en faveur de réparations. Lors de la conférence à Accra, les délégués ont convenu de créer un fonds mondial pour centraliser la collecte des réparations. L’Union africaine (UA), composée de 55 nations, et la Communauté des Caraïbes (CARICOM), composée de 20 nations, se sont réunies pour former “un front uni” afin de réparer les injustices historiques et de garantir le paiement des compensations, a déclaré la vice-présidente de la Commission de l’UA, Monique Nsanzabaganwa.

“L’Afrique a supporté de plein fouet les injustices de l’histoire et a subi les conséquences d’un passé marqué par l’esclavage, la colonisation et l’exploitation. Il faut reconnaître que ces injustices ont eu des effets à long terme, dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui. Exiger une compensation n’est pas une tentative de réécrire l’histoire ou de perpétuer le cycle de la victimisation. C’est un appel à reconnaître la vérité indéniable et à réparer les torts qui sont restés impunis pendant trop longtemps et qui continuent de se répercuter aujourd’hui”, a-t-elle ajouté. Les détails du fonctionnement du fonds mondial ne sont pas encore clairs.

Quel sera le prix à payer?

De nombreuses études ont tenté d’estimer les coûts de la traite négrière vers l’Afrique. Le récent rapport sur les réparations pour l’esclavage transatlantique dans les Amériques et les Caraïbes concluait que les États esclavagistes devaient des sommes astronomiques en vertu du droit international. On estime que le coût global de la traite négrière pourrait atteindre 131 000 milliards de dollars, tant pour les dommages causés pendant l’esclavage que pour les dommages causés après son abolition. 

Selon ces études, les États-Unis doivent près de 27 000 milliards de dollars, le Royaume-Uni 24 000 milliards de dollars et le Portugal près de 21 000 milliards de dollars en réparations. Selon cette estimation, le Brésil aussi devrait payer 4 400 milliards de dollars. Selon le document, bien que le Brésil soit le pays qui a absorbé le plus d’esclaves africains (plus de 3,1 millions), les États-Unis sont le pays où le plus grand nombre de personnes sont nées en esclavage (plus de 7,5 millions). 

Les Nations Unies ont également récemment présenté un rapport décrivant des mesures concrètes pour remédier aux préjudices subis par les personnes d’ascendance africaine. Le document reconnaît que l’évaluation des dommages économiques “peut être extrêmement difficile en raison du temps écoulé et de la difficulté d’identifier les auteurs et les victimes”. Toutefois, il est souligné que “de telles difficultés ne peuvent pas servir de base pour invalider l’existence des obligations juridiques sous-jacentes”.

Encore des chiffres qui donnent le vertige…

Au moins 12,5 millions d’Africains ont été enlevés par des navires européens et vendus comme esclaves entre le XVe et le XIXe siècle, bien que certaines estimations situent ce nombre entre 20 et 30 millions. Ceux qui ont survécu à ce voyage brutal ont fini par travailler dans des conditions inhumaines dans les Amériques, notamment au Brésil et dans les Caraïbes, assurant d’énormes profits à leurs propriétaires. La traite négrière était dominée par la Grande-Bretagne et le Portugal, mais les États-Unis, les Pays-Bas, l’Espagne, la France, le Danemark et la Suède étaient également fortement impliqués. 

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