19 juillet, 2024
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Le tourisme, ce malvoyant politique

Le tourisme voit politiquement flou. Sauf révoltes inopinées ou putschs inattendus, le tourisme, globalement, ne connaît que les verts pâturages, les bords de mer turquoise, (forcément turquoise !) les couchers de soleil romantiques, les architectures magnifiques, les coutumes féériques. Le tourisme ne connait point de dictateurs ni les régimes ultra-répressifs. Excès touristiques contre déficit politique.

Les professionnels du tourisme et les touristes eux-mêmes vivent, politiquement, sociologiquement, dans un « story telling » positivé. Les seuls extrémistes qu’on reconnaît, sans verres filtrés, sont ceux qui exagèrent les tarifs hôteliers ou les prix des souvenirs. Voyager ou faire voyager, c’est un peu comme traverser un conte de fées, mais sans sorcières maléfiques ni dragons à trois têtes. Fesses dans le sable, tête aussi !

Sous des régimes peu recommandables, la plus grande menace, c’est de manquer le happy hour à la piscine de l’hôtel. Après tout, “Si je ne le vois pas, ça n’existe pas”.

On veut du soleil, des cocktails et des photos pour Instagram. Le reste, c’est pour les experts de plateau télé. On veut bien regarder la conscience écologique mais pas trop la conscience politique. Les réalités du monde, c’est pour tout le reste de l’année. Pas en vacances, pas quand je voyage !

On connait les arguments : le tourisme aide à l’économie locale, même si cette économie profite souvent aux élites corrompues ;  voyager dans des pays dirigés par des dictateurs est une forme de solidarité, une manière d’aider à ouvrir ces sociétés au monde extérieur. Et puis, bien sûr : “On ne mélange pas plaisir et politique.”

Au final, tant que le soleil brille et que les cocktails coulent à flots, pourquoi se soucier de qui tient les rênes du pays ? Les réalités sombres et complexes du monde, c’est pour le reste de l’année, pas pour les vacances ! D’autant qu’au rythme où ça va, on n’est pas sortis de l’auberge.

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2 Commentaires

  1. C’est un vaste sujet.. Un véritable dilemme.
    C’est bien d’ouvrir le débat en tous les cas.
    Je me suis interdit d’envoyer des voyageurs en Afrique du Sud quand régnait l’apartheid, et boycotte les séjours aux Mald quand cette république islamique prononçait la peine de mort aux fillettes à partir de 7 ans.. En même temps j’envoyais c’est vrai des grands voyageurs curieux et motivés par la culture en Iran,.. Les voyages à motivation culturelle s’adressait peut-être à une clientèle plus consciente..enfin peut-être pour se donner meilleure conscience.. Mais quel dilemme en effet. Le tourisme est une arme à double tranchant..

    • En effet, je crois qu’il s’agit surtout d’une attitude personnelle et “responsable” que l’on engage. Jeter l’anathème systématiquement n’est sans doute pas la solution. Mettre systématiquement la tête dans le sable sous prétexte que le tourisme n’a rien à voir avec la politique non plus…

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