Delhi, la capitale indienne, a été ébranlée lundi 10 novembre 2025 par une explosion rare et violente survenue dans un quartier touristique emblématique. Au moins huit personnes ont perdu la vie et plus de vingt autres ont été blessées dans cette déflagration qui a dévasté une intersection près du Fort Rouge, un site historique majeur.
Alors que les autorités explorent toutes les pistes – d’un accident à un attentat terroriste –, cette tragédie ravive les craintes d’instabilité dans une région déjà marquée par des conflits frontaliers.
Les circonstances de l’explosion: un véhicule piégé à un feu rouge
L’explosion s’est produite à 18h52 heure locale, dans le cœur historique de Delhi, près du Fort Rouge – ancien palais des empereurs moghols et lieu symbolique où le Premier ministre Narendra Modi prononce son discours annuel pour la fête de l’Indépendance le 15 août.
Selon le commissaire de police de Delhi, un « véhicule à basse vitesse » s’est arrêté à un feu rouge à un carrefour bondé lorsqu’il a explosé, déclenchant un incendie massif qui s’est propagé à des voitures et des rickshaws environnants. La zone, prisée des touristes, s’est retrouvée jonchée de carcasses carbonisées et de débris, avec des témoins évoquant un impact « comme un tremblement de terre ».
Des images montrent des véhicules incendiés et des experts fouillant la scène pour recueillir des preuves
Un pharmacien de 34 ans résidant dans le quartier voisin de Chandni Chowk, a décrit une scène apocalyptique : « Nous étions choqués, des membres corporels étaient éparpillés partout. L’intensité était puissante. » La police a immédiatement ouvert une enquête sous les lois anti-terroristes, reconstituant la « séquence des événements », a indiqué le deputy commissioner Raja Banthia.
Réactions officielles : prudence et promesses de justice
Les autorités indiennes ont réagi avec fermeté, sans pour autant qualifier l’incident d’attaque terroriste. Le ministre de l’Intérieur, Amit Shah, a déclaré lundi soir qu’il était « trop tôt pour conclure », mais que « tous les angles seront investigués avec détermination ». Il devait présider mardi matin une réunion avec les hauts responsables du renseignement.
Son homologue de la Défense, Rajnath Singh, a quant à lui promis que les conclusions de l’enquête seraient « bientôt rendues publiques » et que « les responsables de cette tragédie ne seraient pas épargnés sous aucune circonstance ».
Le Premier ministre Narendra Modi, en visite officielle au Bhoutan voisin, a exprimé ses condoléances
Il a affirmé avoir « examiné la situation » avec Amit Shah. Dans un discours prononcé mardi, il a averti : « Les conspirateurs derrière l’attaque ne seront pas épargnés. » À l’international, le Département d’État américain a présenté ses condoléances et recommandé à ses citoyens d’éviter les zones bondées, notamment autour du Fort Rouge – un conseil émis juste avant la prestation de serment de Sergio Gor comme ambassadeur des États-Unis en Inde.
Mesures de sécurité renforcées : Delhi et au-delà en alerte maximale
Face à la menace potentielle, les forces de sécurité ont multiplié les mesures préventives dans la capitale, qui compte près de 33 millions d’habitants. L’unité fédérale CISF a annoncé un renforcement autour de l’aéroport le plus fréquenté du pays, des monuments emblématiques et des gares ferroviaires. La station de métro Red Fort a été fermée « pour raisons de sécurité », selon la Delhi Metro Rail Corporation, tandis que le site archéologique lui-même reste inaccessible jusqu’au jeudi 13 novembre.
L’alerte s’étend aux États voisins
L’Uttar Pradesh (le plus peuplé du pays, abritant le Taj Mahal) et l’Haryana ont été placés en état d’alerte élevé, tout comme Mumbai, le poumon économique du sud de l’Inde. Ces dispositions interviennent alors que Modi affronte des élections cruciales cette semaine dans l’État du Bihar, gouverné par son parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party.
Cet incident, bien que rare, ravive le souvenir d’attentats antérieurs à Delhi
On se souvient de la bombe dans une mallette qui a tué une douzaine de personnes devant la Haute Cour en 2011, ou l’assaut du Parlement en 2001 ayant fait plus d’une dizaine de morts. Il survient dans un climat tendu avec le Pakistan, après l’attaque terroriste d’avril dernier dans le Cachemire disputé, qui a tué 26 personnes, majoritairement des touristes indiens. New Delhi avait alors accusé des militants soutenus par Islamabad, lançant des frappes aériennes qui ont failli dégénérer en guerre entre ces deux puissances nucléaires voisines.
Coïncidence troublante, le Pakistan a rapporté mardi une attaque suicide à Islamabad, faisant au moins 12 morts et plus de 24 blessés, selon le ministre de l’Intérieur Mohsin Naqvi. Par ailleurs, dans le Cachemire indien – seule région à majorité musulmane du pays –, la police a annoncé l’arrestation de plusieurs suspects liés à des groupes terroristes et la saisie de plus de 2 860 kg de matériaux explosifs lors d’une opération conjointe avec les polices de l’Haryana et de l’Uttar Pradesh. Aucun lien direct avec l’explosion de Delhi n’a été établi pour l’instant.
Une enquête sous haute tension
Alors que les familles des victimes pleurent et que la peur s’installe dans les rues de Delhi, l’enquête promet d’être décisive pour la stabilité régionale. Les autorités indiennes, sous pression politique et sécuritaire, doivent démêler les fils d’une affaire qui pourrait relancer les accusations transfrontalières.
Dans un pays où le tourisme et l’économie dépendent de la confiance, cet événement souligne la fragilité d’une paix précaire. Reste à espérer que la justice triomphe rapidement, pour que le Fort Rouge, symbole de grandeur impériale, ne devienne pas le théâtre d’une nouvelle page sombre de l’histoire indienne.




Horrible… Pourvu que la situation ne s’ enflamme pas davantage….. 🙏🙏🙏