Le luxe de demain sera-t-il évalué à la taille de nos poubelles ? Le groupe hôtelier Six Senses (propriété d’IHG) vient de franchir un nouveau cap dans son engagement écologique en rejoignant l’initiative mondiale « Recipe of Change ». Porté par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et ONU Tourisme, ce programme fixe un objectif clair au secteur : réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2030.
De la théorie à la pratique : quand la cuisine devient un laboratoire zéro déchet
Partant du constat alarmant qu’environ un tiers de la nourriture produite dans le monde
n’est jamais consommée, Six Senses décide de partager ses solutions opérationnelles acquises depuis le milieu des années 1990. À travers sa philosophie Eat With Six Senses (privilégiant le local, le naturel et le « less is more »), le groupe déploie des mesures drastiques dans ses 27 établissements à travers 20 pays.
L’optimisation commence en amont : la production des cuisines est planifiée en temps réel selon le taux d’occupation, les cuissons se font en petites quantités et les portions sont standardisées. Les résultats sont là : au Six Senses Vana, la cantine du personnel n’enregistre plus aucun gaspillage alimentaire.
Des solutions créatives, de l’ananas balinais au café londonien
Pour atteindre ses objectifs, le groupe a mis en place un « Scrap Challenge » interne stimulant l’ingéniosité des équipes pour utiliser chaque partie d’un ingrédient :
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En Asie (Bali et Thaïlande) : Les ananas sont utilisés intégralement, du jus matinal jusqu’aux couronnes recyclées en décorations de table. Le marc de café, mélangé à de la fibre de coco, sert même à fabriquer des tables de salle à manger.
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À Oman (Six Senses Zighy Bay) : L’établissement recycle ou valorise 80 % de ses déchets organiques et de son verre sur place. Chaque mois, 84 kilos d’écorces d’agrumes sont transformés en garnitures confites et en produits d’accueil.
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En Europe : Au Six Senses London, un laboratoire de fermentation transforme les chutes alimentaires en kimchi ou kéfir, tandis que le lait est livré en fûts réutilisables et le café acheminé par voilier. À Rome, les agriculteurs locaux récoltent à la demande et livrent le jour même sans aucun emballage plastique.
Enfin, les Earth Labs (lancés en 2017) permettent aux clients de mettre la main à la pâte en fabriquant du compost ou des pickles à partir de restes biologiques.
L’œil expert de Mister Travel News
Le développement durable dans l’hôtellerie se résume souvent à demander au client de garder sa serviette de bain deux jours de suite. Six Senses, pionnier historique, donne ici une véritable leçon de « Green-Doing » (l’écologie en action) doublée d’une optimisation financière redoutable.
Le gaspillage alimentaire est un gouffre financier pour le département Restauration d’un hôtel. En réduisant drastiquement les pertes, Six Senses ne fait pas que sauver la planète (le tourisme générant 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre selon le PNUE), le groupe explose surtout ses marges opérationnelles.
Mais le véritable coup de génie commercial réside dans la valorisation des déchets. Transformer des excédents d’épluchures en kéfir « bon pour la santé intestinale » ou faire germer des noyaux d’avocats pour la décoration, c’est l’alchimie ultime du luxe moderne : prendre ce qui allait à la poubelle pour le revendre sous couvert de « bien-être holistique » et d’expérience ultra-premium. Six Senses prouve que le zéro déchet n’est pas punitif, c’est un outil marketing ultra-rentable qui fidélise une clientèle UHNW (Ultra-High-Net-Worth) en quête d’absolution climatique.
Les conseils de Mister Travel News
L’éco-anxiété touche particulièrement la clientèle fortunée qui culpabilise de prendre l’avion. Voici comment utiliser cet argumentaire pour vendre du Six Senses :
Vendez le luxe « Déculpabilisant » : utilisez ces informations pour rassurer vos clients. Dites-leur : « En séjournant au Six Senses Zighy Bay, vous soutenez un hôtel qui gère une ferme de 7 300 hectares et recycle 80 % de ses déchets. » C’est l’argument idéal pour déclencher l’acte d’achat chez un client sensible aux enjeux écologiques qui hésiterait à s’offrir un resort 5 étoiles.
Ciblez les séjours « Éducatifs » en famille : Servez-vous des Earth Labs présents dans tous les hôtels de la marque. Pour vos clients voyageant avec des enfants ou des adolescents, vendez l’aspect pédagogique du séjour. Apprendre à fabriquer des baumes à lèvres naturels ou du compost est une activité expérientielle qui justifie amplement le prix du voyage aux yeux des parents.
Le levier « Santé & Gastronomie » pour les Foodies : Pour vos clients épicuriens, insistez sur la traçabilité absolue et la fraîcheur. Mentionnez le café arrivé par voilier à Londres ou les légumes récoltés le matin même à Rome. Le storytelling d’une cuisine qui ne gaspille rien, du jus d’ananas à la décoration de la table, séduira les voyageurs en quête d’authenticité culinaire.



