C’est une signature historique pour le tourisme dans le Grand Sud. Le Club Med s’apprête à ouvrir son tout premier Resort en Occitanie, implanté sur la commune du Barcarès, dans les Pyrénées-Orientales. Porté par un investissement d’envergure de 180 millions d’euros, ce projet pharaonique vise à transformer une friche touristique en un écrin hôtelier de premier plan à l’horizon de l’été 2030.
Au Barcarès, au nord des Pyrénées-Orientales, c’est un nouveau projet touristique d’envergure qui se précise avec le Club Med – 2026. © FTV Frédéric Savineau
De la Mission Racine au luxe éco-responsable : L’héritage de Georges Candilis réinventé

Officialisé le 22 juillet 2026 à Perpignan par la signature d’un protocole d’intention commun, ce projet d’alliance public-privé réunit un ensemble stratégique d’acteurs institutionnels et économiques majeurs, parmi lesquels la Région Occitanie, le Département des Pyrénées-Orientales, Perpignan Méditerranée Métropole, la Ville du Barcarès, la Banque des Territoires, la CCI des Pyrénées-Orientales, Promologis et Barcarès Aménagement.
Le futur complexe prendra place sur l’écrin de 13,6 hectares de l’ancien village de vacances des « Portes du Roussillon », fermé depuis 2021. Érigé en 1968 sous la houlette de l’architecte Georges Candilis dans le cadre de la mythique Mission Racine — et conçu à l’époque comme le plus grand village de vacances de France —, le site avait reçu en 2010 la reconnaissance de la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites pour son architecture caractéristique du mouvement moderne.
À l’abandon depuis 2021, cette friche d’exception va connaître une restructuration complète. Entièrement détruits pour être reconstruits, les espaces bénéficieront d’une façade maritime exceptionnelle de 380 mètres entre la Méditerranée et l’étang de Salses. Conçu pour respecter les plus hautes exigences environnementales, le futur Resort ambitionne d’obtenir les certifications BREEAM (pour la construction) et Green Globe (pour la gestion opérationnelle).
Un concentré d’expériences et de services haut de gamme
Le Resort disposera d’environ 400 chambres, permettant d’accueillir jusqu’à un millier de vacanciers dans une formule tout compris haut de gamme. Pensé aussi bien pour les familles que pour les couples actifs, le complexe proposera :
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Une offre diversifiée de loisirs terrestres et nautiques (terrains de tennis, courts de padel, piscines intérieure et extérieure, et sports nautiques sur la plage et l’étang).
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Un Spa et des espaces dédiés au bien-être.
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Plusieurs lieux de restauration mettant à l’honneur la gastronomie et les produits du terroir catalan.
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Des infrastructures d’accueil dédiées aux enfants dès l’âge de 4 mois.
De plus, afin de répondre aux tensions structurelles du logement sur le littoral et notamment aux défis de l’emploi saisonnier dans la région, le bailleur social Promologis réalisera une offre de logements dédiée aux collaborateurs du Club Med, renforçant ainsi le lien crucial entre emploi et logement sur le littoral catalan. L’implantation devrait générer environ 450 emplois directs et 500 emplois indirects, tout en stimulant l’économie locale et l’arrière-pays.
Du tourisme de masse des années 60 au luxe régénératif de demain

L’implantation du Club Med au Barcarès sur le site des « Portes du Roussillon » marque un tournant paradigmatique dans la mutation des modèles touristiques et l’aménagement touristique du littoral méditerranéen. Face à la raréfaction du foncier et au durcissement des règles d’urbanisme liées à la loi Climat et Résilience, le modèle de l’étalement urbain et de l’artificialisation des sols est définitivement révolu. Conçu en 1968 sous l’impulsion de la Mission Racine pour démocratiser le tourisme de masse, le site de Georges Candilis incarnait l’utopie fonctionnaliste et bétonnée du XXe siècle. En choisissant de réhabiliter une friche des années 1970 plutôt que de consommer de nouveaux espaces naturels, ce projet de transformation en resort haut de gamme éco-certifié illustre la maturité d’une « hospitalité régénérative » et le passage irréversible vers un tourisme qualitatif.
Pour les professionnels du secteur, l’enjeu dépasse la simple montée en gamme d’une destination traditionnellement associée au tourisme de plein air. Cette opération illustre la seule voie soutenable pour le développement hôtelier littoral à l’ère de la loi Climat et Résilience et du Zéro Artificialisation Nette (ZAN) : la reconversion prioritaire des friches de loisirs.
En mobilisant un consortium public-privé d’une telle envergure — associant investissement institutionnel, portage foncier et sécurisation du parcours résidentiel des salariés —, le territoire se dote d’un outil de désaisonnalisation puissant. En réinvestissant ce patrimoine sans consommer un seul hectare naturel supplémentaire, le projet réussit le pari de la montée en gamme tout en répondant aux urgences environnementales (gestion de la ressource en eau, protection du trait de côte).
Le véritable défi des années à venir consistera à réussir le pari de l’équilibre hydrique et environnemental, transformant cette vitrine en un modèle reproductible pour l’avenir du tourisme méditerranéen face au changement climatique.
Aussi la capacité des porteurs de projet à conjuguer mémoire architecturale, intégration paysagère et offre hôtelière de luxe déterminera la réussite de ce nouveau modèle pour l’ensemble du bassin méditerranéen.



