C’est une page historique qui se tourne pour le transporteur allemand Condor. Le fonds d’investissement Attestor, actionnaire majoritaire de la compagnie depuis 2021 avec 51 % des parts, vient d’annoncer qu’il activait son option d’achat pour acquérir les 49 % restants détenus par la « SG Luftfahrt GmbH », structure publique gérant les participations de l’État fédéral allemand et du Land de Hesse.
Cette transaction, dont le closing officiel est programmé au 31 août 2027, marque la fin définitive de l’engagement public amorcé en urgence pendant la crise sanitaire et au lendemain de la faillite de l’ancien groupe parent Thomas Cook. Le remboursement anticipé par Condor du prêt garanti par la KfW (à hauteur de 175 millions d’euros) a permis de libérer cette option d’achat, soldant ainsi un soutien étatique qui aura mobilisé 225 millions d’euros pour les contribuables.
Si cette prise de contrôle à 100 % par le financier britannique redessine l’actionnariat de la compagnie de Francfort, elle s’accompagne de défis opérationnels et économiques de taille. Condor fait face à des pressions financières importantes : malgré un résultat opérationnel (EBIT) en hausse à 151 millions d’euros pour l’exercice 2024/2025, la compagnie a affiché une perte nette de 110,4 millions d’euros selon les normes IFRS. Pour garantir le soutien d’Attestor à sa stratégie de croissance — marquée par le renouvellement de sa flotte long-courrier en Airbus A330neo et l’expansion de son réseau européen — les syndicats Ufo et Verdi ont récemment acté la nécessité d’un plan d’économies de 200 millions d’euros d’ici octobre 2028.
Le désengagement total des pouvoirs publics au capital de Condor illustre la fin d’une époque de capitalisme de crise et le retour des compagnies aériennes européennes à une pleine responsabilité de marché.




