C’est l’épilogue d’une bataille financière scrutée par tout le secteur aérien européen. Le fonds d’investissement américain Apollo Global Management a confirmé ce jeudi 6 août 2026 son offre ferme de rachat à 5,7 milliards de livres (environ 6,7 milliards d’euros) sur easyJet, suite au retrait de son concurrent Castlelake. Une proposition validée par le conseil d’administration de la compagnie aérienne britannique, marquant la première acquisition d’une compagnie de premier plan par un fonds d’investissement privé.
- Un duel achevé et un rachat historique : Après des semaines de surenchères et l’abandon de Castlelake, Apollo a confirmé son offre de 715 pence par action, approuvée à l’unanimité par la direction d’easyJet. La finalisation de l’opération est attendue pour le premier trimestre 2027, sous réserve des feux verts réglementaires et du vote des actionnaires.
- Une prime modérée sous contrainte réglementaire : En remportant la mise avec cette offre, Apollo ne consent qu’une prime d’environ 6 % sur la cible, une modération qui s’explique par les contraintes réglementaires européennes strictes — l’obligation pour une compagnie aérienne opérant dans l’UE d’être majoritairement contrôlée par des intérêts européens ou britanniques — qui pèsent lourdement sur la structure et la valorisation de l’opération.
- Le respect de la réglementation aérienne européenne : Pour se conformer aux exigences strictes de l’Union européenne et du Royaume-Uni imposant qu’une compagnie aérienne demeure majoritairement détenue par des intérêts européens ou britanniques, Apollo ne détiendra qu’un maximum de 49,9 % du capital. En parallèle, un trust européen détiendra jusqu’à 5 % des parts. Le fondateur de la compagnie, Sir Stelios Haji-Ioannou, ainsi que sa famille (détenant encore 15,3 % du capital), ont accepté d’échanger leurs actions contre des parts de la future société holding.
- Un contexte conjoncturel complexe : Cette acquisition intervient alors que le secteur low-cost fait face à une violente hausse des prix du kérosène attisée par les tensions au Moyen-Orient. easyJet a ainsi vu son bénéfice avant impôts chuter de 70 % à 85 millions de livres pour son troisième trimestre décalé, tandis que sa filiale de séjours (easyJet Holidays) continue de porter ses perspectives de croissance.
- Réaction boursière : Après des soubresauts successifs et une brève baisse liée au retrait de Castlelake, le titre easyJet a nettement rebondi à la Bourse de Londres pour clôturer en hausse, s’établissant autour de 670 pence.
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Le poids des chiffres et de la saisonnalité : easyJet a certes transporté 25,8 millions de passagers lors de son trimestre le plus prolifique de l’année, affichant un bénéfice avant impôts de 85 millions de livres – dont 84 millions générés par sa seule branche de voyages – mais ce résultat illustre l’étroitesse des marges actuelles du low-cost face aux soubresauts conjoncturels.
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Une pression opérationnelle accrue : Au premier semestre de l’exercice, si le revenu par siège a progressé à 73,36 livres, le coût par siège hors carburant a bondi de 12,3 % pour atteindre 65,47 livres, creusant la perte semestrielle à 552 millions de livres.
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L’épilogue d’une bataille financière : L’offre d’Apollo fixée à 7,15 livres par action a emporté l’adhésion du conseil d’administration d’easyJet et de son fondateur Sir Stelios Haji-Ioannou, contournant les exigences réglementaires de l’Union européenne via une structure ad hoc (partnariat avec un trust européen et maintien des sièges au Royaume-Uni et dans l’UE).

« Apollo suit easyJet depuis de nombreuses années et estime que le groupe est l’une des entreprises les plus attractives du secteur aérien mondial. »
— Communiqué officiel d’Apollo



