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Bali le matin du monde

Nous sommes heureux de partager un magnifique texte sur Bali. Il nous vient de Jacques Baschieri, écrivain et poète. Il a édité un livre que vous pouvez acquérir dans toute bonne librairie et même sur Amazon. C’est un amoureux du Brésil mais aujourd’hui, c’est un souvenir de Bali qui l’a inspiré.

Une escale vouée à la beauté, un de ces rares rendez-vous privilégiés à la surface de la terre où les hommes et les Dieux vivent encore en bonne intelligence.

Une flamme tremble dans un petit autel de porcelaine contre la lunette arrière dans le taxi qui me conduit à l’hôtel. Elle ne doit rien à l’office de tourisme. C’est une initiative du chauffeur pour protéger le nouvel arrivant des mauvais esprits rôdeurs. Ainsi j’ai été pris dans le jeu subtil et mystérieux de l’île, où se poursuit depuis des siècles une conversation muette, jamais interrompue, avec les divinités. On va de temple en temple, d’autel en autel ; il y en a même sur le sable des plages, et dans les grands banians, aux larges feuilles grasses. Des offrandes partout ; des cérémonies et des processions quotidiennes.

La vie n’est ici qu’un effort touchant pour dialoguer avec les puissances invisibles et ce que partout ailleurs, on appelle l’art – peinture, sculpture, danse ou musique- n’est à Bali qu’un ton particulier qu’on prend naturellement, pour converser avec l’invisible.

Le vrai secret de Bali on peut le découvrir au lever du soleil. Des voyageurs romantiques avaient baptisé l’île « le matin du monde ».

L’aurore sur les « samahs » collines d’or pâle où tremblent les rizières, est précoce et soudaine. Une lumière rosée descend des volcans jusqu’aux immenses plages, allumant toute une série de terrasses, de temples, d’arbres géants. C’est bien le frémissement du début du monde, quand l’esprit se dégagea de la matière.

L’esprit, les esprits s’attachent aux pas, Bali est une fête mobile mais aussi une fête permanente. Un culte de la beauté, sous toutes ses formes, pour invoquer les esprits du bien et égarer les autres. On peint, on sculpte, on chante, on danse comme on respire.

Créer du beau sous toutes ses formes n’est pas une forme de vie.

A Bali c’est la vie.

Un des derniers livres de Jacques Baschieri
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