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Chaque chose en son temps… en hiver comme au printemps !

Depuis le 28 décembre dernier, la date du début des vaccinations gratuites et non-obligatoires fixée par l’UE, il n’y a pas qu’en France où l’on se plaint de la valse hésitations des doses qui n’arrivent pas, ou trop peu. Les médias (toujours eux !) nous rabâchent sans cesse le classement des pays qui font mieux, plus vite, plus efficace que nous ; à croire que, depuis le début de la pandémie, les journalistes ont suivi des formations accélérées en calcul statistique.

Prenons le cas d’Israël, nous informent-ils, en haut du podium avec plus de deux millions de personnes vaccinées sur un population de neuf millions. Trop loin de chez nous ? Prenons alors les cas de nos voisins, Royaume-Uni et Italie : 4 et 1,2 millions de doses administrées, respectivement.

Même si les infos semblent justes et de source fiable, les nouvelles sont souvent tronquées en privilégiant les chiffres en dépit des explications. Israël vaccine plus vite car son gouvernement a financé la recherche et a payé plus cher les doses, donc, en bon client des laboratoires, a été servi en premier. De son côté, Londres a commencé à vacciner à partir du 8 décembre, devançant ainsi de beaucoup les autres pays. Concernant l’Italie, comme pour le reste des 27 pays membres de l’UE qui ont préfinancé les vaccins, la Commission Européenne a négocié les commandes en commun auprès de Pfizer et de Moderna, qui ont obtenu en premier l’autorisation de l’Agence du Médicament. On attend maintenant les doses du troisième élu, Astra Zeneca, qui pourrait obtenir le feu vert le 29 janvier prochain.

Pourtant, tous ne se montrent pas si fébriles. Les Pays-Bas, par exemple, ont attendu le 6 janvier pour commencer, loin de la course de vitesse qui se livrent ses voisins. Disons-le clairement : mettre en place une campagne d’une telle envergure demande une logistique de fabrication, transport, stockage (pensez à la chaîne du froid) et distribution que, seules les nations habituées à des méthodes plus « militaires » (n’ayons pas peur des mots), comme Israël ou la Russie, -pays dans lequel la vaccination est massive et obligatoire avec le Spoutnik V, un produit enregistré et approuvé seulement par le Kremlin avant la fin des essais cliniques de la troisième phase- s’en sortent mieux.

Trop d’impatience, quand c’est juste une question de timing. Trop de plaintes ; tantôt la vaccination est trop lente, tantôt la nature bourgeonne trop vite. Comme dans le dicton, chaque chose a son temps. Les japonais montrent le bon exemple avec les cérémonies autour du sakura, la floraison des cerisiers au printemps, un événement qui prend une ampleur nationale et correspond à la période très attendue des congés payés, de l’île d’Okinawa à Hokkaido, le grand nord. Soumis aux aléas du changement climatique, comme le reste du monde, les japonais savent désormais que l’éclosion des fleurs peut débuter plus tôt ou, au contraire, prendre du retard en fonction du temps. Et bien que la culture nippone se caractérise par son organisation du travail stricte et efficace, ils ont appris à composer avec les caprices de la nature autant que sur leur service météorologique pour faire leurs prévisions de vacances. Patience et flexibilité sont les mots clés par les temps qui courent.

C.A.T.

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