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Le livre de la semaine : Soumission !

Soumission – Michel Houellebecq.

Après le tollé suscité par la ministre de l’enseignement supérieur, qui a mandaté le CNRS pour mener une étude scientifique sur « l’islamo gauchisme » dans les universités (au moment où nombre d’étudiants ont du mal à se nourrir), il m’a semblé intéressant de lire, ou de relire, le roman de Michel Houellebecq, Soumission paru en 2015.

Michel Houellebecq aime à souligner qu’une œuvre littéraire doit être appréhendée chronologiquement. Le respect de cette recommandation aurait évité l’avalanche de polémiques suscitées lors la parution de Soumission. Ce roman n’est que la suite logique de « la Carte et le territoire », un nouveau chapitre dans sa description désespérée d’une France et d’une Europe qui court au désastre. Pour l’auteur l’abandon des traditions et de l’autorité en faveur de la liberté, détruit ce qui faisait l’Occident. Cette fiction, voit de gentils musulmans arriver au pouvoir démocratiquement, par la voie des urnes. Socialistes et UMP n’ont plus à rien à dire et s’allient à la Fraternité Musulmane dans un tout, sauf Marine Le Pen. Médias, Politiciens (Bayrou est magnifique), Universitaires, se soumettent docilement à ce nouveau pouvoir.

Ce n’est pas de l’Éric Zemmour en colère, qui propose des solutions xénophobes, non Houellebecq délivre une fiction en forme de satire.

Le roman de Houellebecq n’est pas Islamophobe. Pour Houellebecq, l’Europe n’a pas eu besoin de l’immigration et de l’islam, pour perdre son identité, elle s’est perdue toute seule, en pariant que plus l’homme était libre, plus il était heureux. C’est drôle, acide, mais très adroit comme le choix de son héros. Un Professeur d’Université, spécialiste de Huysmans, qui va comme son maitre cheminer vers sa conversion. La misère sexuelle du héros est un thème récurrent de tous les personnages de Houellebecq depuis son premier grand roman « Extension du domaine de la lutte ». Une satire doit accentuer le trait, la Houellebecq s’en donne à cœur joie : La Sorbonne qui devient l’université Islamique Paris Sorbonne, le retrait des femmes du monde du travail, ce qui réduit le chômage, l’éducation nationale qui devient musulmane, la polygamie comme remède à la misère sexuelle et au juste retour de la domination de l’homme sur la femme, le catholicisme qui a abandonné tous ses principes car c’est une religion de femmes ! ….

Houellebecq reste nostalgique de l’Europe médiévale, du compagnonnage, de la transmission du savoir-faire du père au fils, bel éloge de l’économie distributive, de la vie bourgeoise familiale autour du pot au feu, qui le rapproche de Huysmans (ménage) qui bien qu’Oblat, menait en dehors du monastère une vie bourgeoise avec sa servante.

Pour Michel Houellebecq, face à une France sans idéaux, qui a perdu foi en son avenir, le risque d’une idéologie providentielle existe.

Soumission- Michel Houellebecq chez Flammarion en poche dans la collection j’ai lu.

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