3 mars, 2024
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Une destination, une chanson : Despacito de Luis Fonsi

Porto Rico est l’un de ces pays qui posent 1) le problème de le placer sur une carte et 2) la difficulté de l’identifier avec quelque chose d’iconique comme un monument grandiose, un site insolite ou même une plage à la mode.

Pour la première question, pourvu qu’on s’y connaisse un peu sur les états de l’Amérique (encore une chanson), on sait que c’est un état libre associé, qui fait partie d’une sorte de « Commonwealth » étasunien, sans pour autant être totalement intégré du point de vue des droits civiques. On peut aussi l’associer vaguement aux tropiques yankees, un truc détaché de la terre ferme, une île quoi, genre les Bahamas, Hawaï ou Key West, mais qui parle l’espagnol, ce qui complique les choses. En fait, c’est l’une des quatre îles qui composent les Grandes Antilles, avec Cuba, la Jamaïque et la République Dominicaine/Haïti. Des quatre, Puerto Rico est la plus éloignée du continent américain.

Concernant le deuxième imbroglio, c’est plus compliqué. On ne connaît aucun prix Nobel, aucun record Guinness, aucune montagne russe spectaculaire associé à cette nation. Juste le nom d’un chanteur, fils du pays, ayant connu un succès mondial grâce à son sourire désarmant, son déhanché et ses tubes salsa-pop comme La Vida Loca ou Maria 1,2,3. Jusqu’à l’arrivée de son compatriote Fonsi et son Despacito

La seule ressemblance entre Ricky Martin et Fonsi se trouve dans la sympathie, et encore. Ricky reste un séducteur même quand il te donne la recette de la purée aux orties, alors que Fonsi… canon, ce qu’on appelle canon, il ne l’est pas, franchement. On le voit dans le clip de sa chanson fétiche avec l’un de ses potes latino, un tel Daddy Yankee, formant un duo type Starsky et Hutch et roulant des mécaniques avec leur reggaeton, sorte de hip hop hispanisant. Tandis que Daddy scande les promesses d’une nuit d’amour torride, Fonsi la joue romantique devant la bombasse qui, à la Mélania Trump, garde les yeux mi-clos et pose le regard ailleurs. Normal, du haut de ses longues gambettes, elle scrute l’océan et ne trouve pas chaussure à son pied parmi les locals. « Vous êtes trop nazes, les mecs, je suis là juste parce ta chansonnette va faire un carton et qu’on me verra même à Trifouillis-les-Oies ». En attendant qu’un agent mégatop la déniche, la bombasse caribéenne veut bien faire trois pas de danse dans un buis-buis qui a l’air d’un bordel louche puant le rhum, avant de prendre l’avion pour Los Angeles.

Disons que si le clip de Despacito était censé servir de carte postale pour faire venir des visiteurs sur l’île, je ne voudrais pas être à la place du ministre du tourisme. Les scènes de rue à Old San Juan ne sont pas terribles, je sais, c’est difficile de concurrencer avec La Havane et le charme de ses maisons délabrées. Quant au bord de mer, pas un bout de sable mes amis, ils auraient pu au moins faire des scènes sous-marines avec la belle sirène. Selon certains experts en neurosciences, le succès vient de l’arrangement, de la répétition des accords et de la « fraîcheur » qui emmène ce genre musical anglo-saxon, mais chanté en espagnol. Quelque chose de semblable à la Macarena et ses accents reconnaissables du flamenco derrière le refrain hyper collant. Mais, cette fois-ci, on apprécié quand même qu’ils ne nous aient pas collés une chorégraphie à quatre sous !

C.A.T.

L’auteur de l’article nous pardonnera … nous vous invitons à écouter Despacito par JJ Lin (chanteur singapourien très connu en Asie) et Justin Bieber

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