19 juillet, 2024
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Birmanie : le massacre de civils se poursuit et on laisse faire

Nous sommes au 50ème jour du coup d’état militaire en Birmanie et aucune nation n’est prête à stopper le bain de sang. Bien au contraire, lors du défilé militaire, huit pays étaient représentés. Les Etats-Unis ont imposé des sanctions économiques qui n’arrêteront la junte au pouvoir. Les tweets d’indignation se comptent par plusieurs centaines. Mais aucune action réelle est entreprise pour arrêter le massacre de civils.

Plus de 90 morts lors de « la journée de la honte »

La Birmanie a connu ce samedi, une journée terriblement sanglante. Selon plusieurs sources indépendantes birmanes, plus de 90 personnes ont été tuées au cours de la répression des manifestations prodémocratie. Un membre du gouvernement birman en exil qualifie cet épisode de « journée de la honte ».

Ce samedi, c’était la journée de l’armée

Les meurtres lors de la Journée annuelle des forces armées du pays ont suscité de nouvelles critiques de la part des pays occidentaux, l’envoyé américain qualifiant la violence d ‘ « horrible ». « Aujourd’hui est un jour de honte pour les forces armées », a déclaré le Dr Sasa, porte-parole du Comité représentant Pyidaungsu Hluttaw (CRPH), un groupe anti-coup d’État créé par des politiciens déchus, lors d’un forum en ligne. « Les généraux militaires célèbrent la Journée des forces armées après avoir tué plus de 300 civils innocents », a-t-il déclaré, donnant une estimation approximative du bilan depuis le début des manifestations il y a des semaines. « Cette 76e journée des forces armées birmanes restera gravée comme une journée de terreur et de déshonneur », a déclaré la délégation de l’Union européenne au Myanmar sur Twitter. « Le meurtre de civils non armés, y compris d’enfants, est un acte indéfendable. »

Huit pays ont envoyé des représentants au défilé de l’armée

Des diplomates ont déclaré que huit pays : la Russie, la Chine, l’Inde, le Pakistan, le Bangladesh, le Vietnam, le Laos et la Thaïlande, ont envoyé des représentants, mais la Russie a été la seule à envoyer un ministre au défilé de la Journée des forces armées, qui commémore le début de la résistance à Occupation japonaise en 1945.

Le cynisme poussé à l’extrême

Le général en chef Min Aung Hlaing, le chef de la junte, a déclaré lors du défilé que l’armée protégerait le peuple et lutterait pour la démocratie. Le général a réitéré sa promesse de tenir des élections, sans donner de calendrier. Le vice-ministre russe de la Défense, Alexander Fomin, a assisté au défilé à Naypyitaw (capitale de la Birmanie), après avoir rencontré des hauts dirigeants de la junte un jour plus tôt. Min Aung Hlaing a déclaré : « La Russie est un véritable ami ».

Le chef de la junte était déjà accusé de génocide par l’ONU

Le général Min Aung Hlaing est à la tête de l’armée birmane, connue dans le pays sous le nom de « Tatmadaw », depuis 2011. En 2009, il se fait connaître comme « l’étoile montante de l’armée » après avoir réprimé une guérilla dans la région de Kokang, à la frontière est du pays, provoquant l’exode de 37.000 personnes.  En 2017, la crise des Rohingyas, qui a provoqué l’exode de près de 740.000 personnes fuyant les exactions militaires responsables de milliers de morts, cristallise les tensions des acteurs internationaux autour du général. Il est également accusé de nettoyage ethnique et de crimes contre l’humanité.

L’économie s’effondre au milieu de la répression

La Banque mondiale a averti que le pays était confronté à une énorme baisse de 10% du produit intérieur brut (PIB) en 2021. Les forces armées dominent de nombreux secteurs clés de l’économie birmane, notamment le commerce, les ressources naturelles, l’alcool, les cigarettes et les biens de consommation.

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