Une destination, une chanson : London calling de The Clash

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Cette chanson du groupe punk britannique The Clash fait partie de l’album homonyme de dix-neuf titres sorti au Royaume-Uni le 14 décembre 1979 et résonne toujours -plus de quarante ans après- comme un avertissement sur la méfiance générale à l’égard de l’autorité qui inspira toute une génération à la rébellion.

Il s’agit du morceau d’ouverture du disque composé par le chanteur Joe Strummer et le guitariste Mick Jones qui décrit de façon poignante le climat social, politique et économique qui agitait Londres à l’aube des années 80. Les thèmes du désenchantement urbain, de la division des classes et de la méfiance vis-à-vis du capitaliste restent toujours d’actualité, tout comme l’album, aussi intemporel et accessible qu’en 1979.

L’expression “London Calling” est une référence aux reportages de la BBC diffusés pendant les périodes les plus atroces de la Seconde Guerre mondiale. Un « appel de Londres » qui n’a rien en commun avec celui de De Gaulle en juin 1940, sinon celui de la voix du speaker qui présentait les sombres nouvelles de la capitale au milieu du conflit meurtrier. En 1979, Strummer sentit qu’une situation similaire se profilait à l’horizon à cause d’un climat économique difficile et des catastrophes environnementales sur le paysage urbain délabré de Londres.

Le pays était alors confronté à une inflation élevée, à une augmentation du chômage et à des troubles sociaux croissants, couronnés par la myriade de grèves qui ont frappé le pays pendant «l’hiver de mécontentement» au cours des mois inhabituellement froids entre la fin de 1978 et le début de 1979. Le Londres de la chanson était le reflet d’un paysage désindustrialisé et délabré de la Grande-Bretagne urbaine de la fin des années 1970. Le chanteur de The Clash dépeint un monde d’inégalités, où la pauvreté représentait plus que de simples statistiques sur les revenus, mais plutôt la misère d’un mauvais système de santé, des infrastructures en ruine et une incertitude quant à l’avenir : les sujets de révolte et de rage auxquelles le punk rock a donné sa voix.

L’apocalypse environnementale se profile dans la chanson de Strummer, et pour cause : 1979 fut une année tragique pour la planète, qui a connu les premiers accidents avec des réacteurs nucléaires en Pennsylvanie, la même fuite des gaz radioactifs qui allait se confirmer peu de temps après à Tchernobyl. Fin décembre de la même année, l’Union soviétique envahit l’Afghanistan et les tensions de la guerre froide entre les superpuissances se sont intensifiées après des années de détente. La perspective d’une guerre nucléaire, avec des conséquences humaines et écologiques dévastatrices, était alors d’actualité. Un scénario très inquiétant qui ressemble tragiquement à notre présent…

C.A.T.

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