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Technologies : des Metavers pour l’univers du tourisme ?

Bien sûr le tourisme pourrait être fortement impacté par les Metavers en cours de développement. Mais pas dans l’immédiat. Alors quid de la révolution annoncée, notamment par Mr Zuckerberg ?

Précisons que les Metavers qui se préparent, c’est-à-dire les meta-univers, réunissent les multiples possibilités des univers virtuels dont la plupart des applications possibles ne sont pas encore délimitées ni même toutes envisagées. Avec l’aide de Sophie Lacour*, l’enthousiaste et inspirée « rêveuse » raisonnable des futurs technologiques, notamment en tourisme, imaginons…et réfléchissons.

Ces univers virtuels ne sont pas si fictifs.

Les habitués des jeux vidéo en ont déjà la culture. Il suffit de regarder le jeu Second Life qui était déjà un métavers en 3D sorti en 2003. Ce logiciel permettait –et permet encore- à ses utilisateurs d’incarner des personnages virtuels dans un monde créé par  eux-mêmes. Vous pouvez ainsi créer vêtements, bâtiments, objets, animations et sons, et même acquérir des parcelles de terrain dont on obtient  la jouissance en utilisant une monnaie virtuelle. On peut aussi regarder le film Ready Player de Stephen Spielberg où les gens trouvent le réconfort dans l’Oasis, un monde virtuel. Il faut noter que la pandémie en cours depuis deux ans bientôt, a grandement boosté la relation virtuelle, l’a rendue plus familière partout dans le monde, via les réunions à distance, les conférences Zoom ou autres rendez-vous par écran interposé.

Avec la nouvelle dénomination du groupe Facebook devenu depuis peu Meta (contraction de Meta-universe en anglais) on peut donc fantasmer.

Rien ne vous empêcherait de vous créer un avatar jumeau de votre aspect physique (ou totalement idéalisé si vous préférez) pour que vous apparaissiez « physiquement » à une table de négociation à l’autre bout du monde ou à une réunion professionnelle comme si vous y étiez en personne avec traduction intégrée. Et votre avatar pourrait même proposer un rendez-vous virtuel en aparté avec l’un ou l’autre des participants non moins virtuel que vous. Imaginons encore : vous avez besoin d’évasion mais pas les moyens de voyager ou bien empêché par un handicap. Avec un bon casque de réalité virtuelle, vous pourriez voyager sans bouger dans tous les pays du monde, voir les plus beaux paysages voire retrouver des paysages de votre passé et, pourquoi pas, y rencontrer des gens d’ailleurs à travers leurs avatars. Vous pourriez aussi vous placer en 3D dans le cadre de lieux que vous aimeriez découvrir en vrai. Les sites comparatifs d’hôtels ou de clubs vacances seraient, à coup sûr, alimentés en vidéos permettant aux clients potentiels de découvrir le vrai environnement visuel et sonore hors de photos idéalisées…

Mais tout cela reste très conditionnel.

Comme l’explique fort bien Sophie Lacour, il convient de se méfier de l’effet d’annonce  prématuré de Marc Zuckerberg, destiné surtout à prélever les millions nécessaires au développement technologique exigé. Il est vrai, confie Sophie Lacour, que certains pays se passionnent totalement pour les Metavers. C’est le cas de la Corée du Sud notamment et c’est son gouvernement qui s’engage à coup de millions pour développer les technologies.

Sophie Lacour

Cependant la machine risque de se gripper à maints égards. D’abord, le monde virtuel est extrêmement vorace en data. «On ne peut pas y penser vraiment avant l’avènement de la 6G en termes de nécessité en débit explique Sophie Lacour alors que la 5G n’est qu’en cours de développement ». Et puis toute l’énorme quantité d’énergie nécessaire au déploiement des Metavers,  se heurtera très vite au rejet écologique de la gabegie énergétique induite. Des technologies intéressantes et effrayantes à la fois sur lesquelles de penchent un grand nombre de sociologues qui étudient aussi les limites d’acceptation du faux présentiel. Pas pour tout de suite et probablement tant mieux : il est indispensable d’appréhender en amont et de façon aussi détaillée que possible, le basculement massif dans le monde virtuel.

Evelyne Dreyfus

*Sophie Lacour est depuis peu Chairwoman de la Chaire Tourisme Innovation-Lab de l’UFR ESTHUA, le Groupement d’Intérêt Scientifique études touristiques 

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