Catégories
Europe Opinion Sujets de Société Destination

Quel destin pour Mykonos et Lesbos? De destinations LGBTQ+ à paradis pour milliardaires ou routes pour migrants

Tout comme Ibiza, Mykonos, l’autre « fêtarde » de la Méditerranée, est en plus la première île du tourisme gay, avec des propositions transgressives ou romantiques adaptées à tous les types de voyageurs de la communauté LGBTQ+.

Le succès touristique de Mykonos en tant que destination touristique a commencé dans les années 1950 et 1960. De nombreuses installations touristiques ont ensuite été construites entre les années 1960 et 1970, à la fois avec la bonne volonté de la communauté locale et avec des investissements ciblés du gouvernement grec. Il est devenu un lieu hospitalier et considéré comme un symbole de liberté, de tolérance et d’échange culturel : à l’époque, il était déjà un lieu de référence pour la communauté gay masculine.

En fait, Mykonos a été la première des îles grecques à attirer un grand nombre de touristes et, au fil du temps, de plus en plus de discothèques ont été construites et sa vie nocturne n’a cessé de croître.

Ces derniers temps, cependant, les habitants de l’île ont commencé à critiquer ce type de tourisme et à affirmer qu’il ruine la renommée et le paysage de l’île. Ils aimeraient que Mykonos soit également reconnue comme une destination de tourisme culturel, en raison de sa proximité avec Délos, la petite île à côté considérée comme sacrée dans l’antiquité et liée au culte du dieu Apollon.

Mais y parvenir ne semble pas une tâche facile… Surtout depuis l’entretien publié par le journal britannique The Guardian au maire Konstantinos Koukas, qui a déclaré que cette été était « le meilleur de tous les temps » en termes d’arrivées de touristes et de rendements économiques. Parmi les raisons de ce succès, il y a aussi le fait que Mykonos a signé une série d’accords avec des compagnies aériennes du Moyen-Orient, qui lui ont permis d’assurer l’arrivée de nombreux nouveaux et fortunés touristes des États du Golfe Persique.

Paradoxalement, Koukas a également souligné qu’il craignait que l’île ne soit proche d’un point de saturation, après que le gouvernement grec a annoncé qu’il souhaitait réaliser des projets de construction de structures à des fins exclusivement touristiques : en effet, l’un des projets récents, financé par des investisseurs d’Abu Dhabi et du Koweït, prévoit la construction d’un petit village sur la côte avec un port capable d’accueillir de grands yachts.

Lesbos, la troisième île plus grande de Grèce dans la mer Égée, connaît un destin quasi opposé à Mykonos, car préservée du tourisme de masse. Eresos, une petite ville située dans la partie ouest et à l’intérieur des terres, compte un peu plus d’un millier d’habitants et n’a pas d’attraits particuliers. Pourtant, chaque année depuis plus de vingt ans des milliers de personnes la choisissent comme destination pour leurs vacances d’été : et ce sont presque toutes des femmes homosexuelles.

Entre 3 000 et 4 000 femmes arrivent dans la ville chaque été, et certaines d’entre elles décident d’y rester; aujourd’hui, près de 70 % des lesbiennes vivant à Eresos, la ville natale de la poétesse Sapho, sont anglaises ou allemandes.

En 2015 et dans les années successives, l’île a connu une baisse du tourisme causée par la crise migratoire: le débarquement quotidien des milliers de personnes fuyant la guerre en Syrie. L’attention des médias sur les migrants a effrayé de nombreux vacanciers européens, qui ont préféré d’autres destinations pour passer leurs congés.

Au début de cette année, Médecins du Monde avait même averti que plus de 2.000 réfugiés vivaient toujours dans les camps dans des conditions misérables, surtout en hiver. Dans un communiqué, l’organisation avait dénoncé qu’après les incendies les camps ressemblent à des prisons, avec des clôtures et des restrictions à la liberté de mouvement.

Enfin, les incendies de forêt de cet été, où touristes et résidents ont dû être évacués de la station balnéaire de Vatera, n’ont pas arrangé les choses non plus.

fb-share-icon Tweet

Une réponse sur « Quel destin pour Mykonos et Lesbos? De destinations LGBTQ+ à paradis pour milliardaires ou routes pour migrants »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.