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Quand The Crown 5 raconte le passé de la Villa Windsor au Bois-de-Boulogne…

L’épisode 3 (intitulé « Mou Mou ») de la saison 5 de la série Netflix The Crown propose une reconstruction historique assez fidèle du destin de la Villa Windsor au Bois-de-Boulogne, qui fut pendant 36 ans la résidence de l’ancien souverain anglais Edouard VIII, et que Mohamed Al-Fayed fit restaurer pour offrir à la couronne britannique.  Fasciné par la monarchie qu’il ne se privait pourtant pas de conspuer, le milliardaire égyptien a bâti sa légende sur de multiples paradoxes et, malgré ses efforts, l’establishment l’a toujours pris de haut.

Cette épisode raconte le moment où -une fois devenu propriétaire de l’hôtel Ritz à Paris- l’homme d’affaires décide d’acquérir également le grand magasin Harrods de Londres. Suit sa rencontre avec Sydney Johnson -l’ancien majordome du duc et de la duchesse de Windsor- qui « l’éduque » conformément aux protocole de la haute société britannique. Enfin, on révèle le dessein d’Al-Fayed d’acquérir et de restaurer la résidence parisienne de l’exil du roi, ayant abdiqué par amour de l’américaine Wallis Simpson.

Situé sur le périmètre nord du Bois-de-Boulogne, dans le 16e arrondissement, cet hôtel particulier de 14 pièces a été conçu par Roger Bouvard dans les styles Louis XV et Louis XVI. À l’origine, ces bâtiments étaient des résidences d’été données aux plus hauts fonctionnaires du Département des parcs et jardins. Tous ces hôtels particuliers appartiennent encore aujourd’hui à la ville de Paris et ont été loués à de nombreux locataires de haut rang au fil des ans, mais aucun n’est plus illustre que celui qui jadis séjournait au numéro 4 de la route du Champ d’Entraînement.

Rebaptisé « Villa Windsor » par leurs prestigieux occupants, la résidence fut la demeure du duc et de la duchesse de Windsor jusqu’en 1986, année de la mort de Wallis Simpson (le duc ayant décédé en 1972, à l’âge de 77 ans).

Dans la série, Mohammed Al-Fayed -le père de Dodi, futur prétendant de la princesse Diana- décide de prendre en charge la restauration de la majestueuse demeure de trois étages, mais c’est le maire de Paris de l’époque, Jacques Chirac, qui lui propose de signer un bail de 50 ans en échange de la rénovation de la villa du 19ème siècle.

Al-Fayed a proposé non seulement de le rénover mais aussi de conserver et de renouveler le mobilier et les objets d’art, dont une bannière du court règne d’Edouard VIII, la table en acajou sur laquelle il a signé sa lettre d’abdication, son épée de cérémonie et ses trophées de polo, qui étaient alors censés être vendus aux enchères.

En plus de payer un million de francs par an de loyer, Al-Fayed a ainsi payé un surcoût de plus de 12 millions de dollars pour les objets ayant appartenu au couple. Pour sa générosité, le gouvernement français l’a fait Officier de la Légion d’Honneur. Al-Fayed lui-même vivait avec sa famille dans un appartement au dernier étage de la maison, dont le reste est devenu un musée privé le 10 décembre 1989, jour du 53e anniversaire de l’abdication du roi anglais.

En juillet 1997, Al-Fayed avait annoncé qu’il organiserait une vente aux enchères des domaines des Windsor, mais elle fut suspendue suite à la suite de la mort tragique de son fils et de la princesse de Galles le 31 août 1997. Toutefois, six mois plus tard, 40 000 pièces réparties en 32 lots tombaient sous le marteau de Sotheby’s à New York. La vente totalisa environ 23 millions de dollars, soit trois à quatre fois plus que prévu.

Le bénéfice de la vente aux enchères est allé à la Dodi Fayed International Charitable Foundation et à d’autres organisations caritatives associées à la princesse Diana. Après 1998, Mohamed Al-Fayed a quitté la France pour vivre en Grande-Bretagne, ensuite en Suisse, puis à Monaco. Il est toujours le locataire de l’hôtel particulier, qui est donc une propriété privée non ouverte au public.

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