Belgrade, mai 2026 — Si vous pensiez que le ciel des Balkans était un long fleuve tranquille, détrompez-vous. Entre les annulations en série, les avions qui n’arrivent jamais et les transporteurs qui guettent la moindre faiblesse de la concurrence, la région ressemble plus à un épisode de Game of Thrones qu’à une brochure de vacances.
Croatia Airlines : La Danse de la Pluie (et des Annulations)
Chez Croatia Airlines, l’ambiance est au régime sec. La compagnie nationale s’apprête à passer à la trappe environ 900 vols au cours des trois prochains mois. La raison invoquée ? L’explosion du prix du kérosène liée au conflit au Moyen-Orient. Slaven Žabo, le directeur commercial, ne mâche pas ses mots : le prix du carburant a doublé et les pertes vont se compter en millions d’euros.
Et comme si cela ne suffisait pas, l’arlésienne continue : les retards de livraison de leurs nouveaux Airbus A220 atteignent désormais un total cumulé de 70 mois. À ce stade, ce n’est plus un retard de livraison, c’est une période historique. En attendant, la compagnie continue de bricoler avec sa flotte actuelle tout en voyant ses passagers affluer (1,3 million pour le trio Air Serbia, Croatia et Air Montenegro au T1 2025). Cherchez l’erreur.
Air Serbia : Le Charognard (très) Organisé
Pendant que Zagreb déchire ses billets, Air Serbia affûte ses griffes. La stratégie est

limpide : dès qu’un concurrent recule, Belgrade avance. Lufthansa réduit la voilure vers Munich ? Air Serbia s’engouffre dans la brèche.
Côté portefeuille, la compagnie serbe a affiché un bénéfice net de 35,5 millions d’euros en 2025. C’est certes en baisse de 14 % par rapport à l’année précédente (dû à la hausse des coûts), mais avec un chiffre d’affaires en hausse à 710 millions d’euros, la compagnie a les moyens de ses ambitions. Elle touche désormais terre à Bakou et parade fièrement à Tirana.
Low-Cost : Les Divorces de l’Été
Du côté des rois du tarif réduit, le pragmatisme est de mise :
claque la porte de la ligne Zagreb-Thessalonique dès la fin de l’été. La raison ? Les taxes aéroportuaires grecques jugées trop « salées ». Quand Ryanair dit que c’est trop cher, c’est généralement que la lune de miel est bien finie.- easyJet, de son côté, nous fait une « disparition soudaine » sur la ligne Paris CDG – Belgrade. Suspension des vols dès le 26 juillet, en plein pic de la saison estivale, pour ne revenir qu’en octobre. Une stratégie de « haute saison » pour le moins… originale.
L’œil expert de Mister Travel News
Le ciel des Balkans est le théâtre d’un paradoxe fascinant : la demande explose, mais la rentabilité s’évapore dans les nuages de kérosène.
L’intérêt stratégique : L’agressivité d’Air Serbia est à surveiller de très près. En se muant en opportuniste agile face au repli stratégique des majors européennes — comme l’illustre sa riposte immédiate sur Munich après les coupes de Lufthansa — elle assoit définitivement Belgrade comme le pivot central de la région.
Pendant ce temps, Croatia Airlines paie le prix fort de sa dépendance à un seul type de carburant et d’un carnet de livraisons d’A220, qui accuse un retard cumulé cumulé de plus de soixante-dix mois, perturbant ainsi sa stratégie de flotte unique. »
Le conseil de Mister Travel News : Pour vos clients voyageant vers cette zone cet été, la flexibilité est le maître-mot. Avec 900 vols annulés chez Croatia et des suspensions surprises chez easyJet, évitez les correspondances trop serrées à Zagreb. Si vous cherchez de la stabilité, le hub de Belgrade offre aujourd’hui. la meilleure garantie de départ, malgré des tarifs qui risquent de grimper pour compenser l’ambition d’Air Serbia (forte d’un bénéfice net de 35,5 millions d’euros en 2025).



