C’est une irrésistible dynamique de reconquête que s’apprête à signer la « Perle de l’Afrique » sur la scène européenne. À l’aube du salon IFTM 2026 qui se tiendra du 15 au 17 septembre à Paris Porte de Versailles, l’Ouganda affiche des voyants au vert écarlate.
Porté par une fréquentation internationale en plein essor qui a atteint 1,64 million de visiteurs en 2025 — soit une progression spectaculaire de 19,7 % sur un an effaçant définitivement les records d’avant-pandémie —, le pays entend capitaliser sur cet élan pour séduire durablement les voyageurs français. Sur le stand T072, l’Ambassade de la République d’Ouganda en France déploiera une délégation d’envergure menée par la ministre d’État chargée du Tourisme, de la Faune et des Antiquités, Hon. Susan Nakawuki, et l’Ambassadrice S.E. Doreen Ruth Amule. Dix agences réceptives de premier plan feront le déplacement pour nouer des partenariats stratégiques avec les tour-opérateurs hexagonaux, marquant une volonté manifeste de structurer l’offre pour un marché français qui a vu ses arrivées doubler en un an pour frôler les 7 500 visiteurs.
Cette offensive commerciale s’appuie sur une transformation qualitative profonde de l’écosystème touristique ougandais, conjuguant la protection stricte de ses sanctuaires naturels et une montée en gamme hôtelière résolument tournée vers l’éco-responsabilité. Abritant près de la moitié de la population mondiale des gorilles de montagne dans les parcs de Bwindi et de Mgahinga, l’Ouganda diversifie ses expériences bien au-delà du simple pistage des primates : safaris au cœur de dix parcs nationaux, treks au sommet des monts Rwenzori, rafting d’exception sur les rapides du Nil à Jinja, ou encore observations ornithologiques uniques du fameux bec-en-sabot. Pour héberger cette clientèle en quête d’exclusivité, le pays a vu éclore de nouvelles adresses prestigieuses courant 2026, à l’instar du Kampala Marriott Hotel ou de l’Hemingway’s Hotel à Entebbe. .Dans les parcs, des structures intimistes et engagées redéfinissent l’art du lodge durable, comme l’Erebero Hills d’Asilia Africa adossé à un projet de reforestation à Bwindi, ou encore le Namoni Lodge à Kidepo Valley, qui reverse 10 % de ses revenus aux initiatives de conservation et de développement locale.
Le repositionnement de l’Ouganda sur le marché européen illustre la maturité des stratégies touristiques post-covid fondées sur la valeur plutôt que sur les volumes de masse. En s’appuyant sur des segments à forte valeur ajoutée — l’écotourisme régénératif, le tourisme sportif avec l’annonce de grands rendez-vous internationaux comme la co-organisation de la CAN 2027 et le développement du tourisme d’aventure —, la destination s’affranchit des clichés traditionnels du safari est-africain. Pour les professionnels du voyage français, l’intégration de l’Ouganda dans les catalogues ne relève plus de la simple niche de passionnés, mais d’une proposition incontournable pour répondre aux attentes d’une clientèle en quête de sens, d’authenticité et de faible impact environnemental.
À l’horizon des prochaines années, la capacité de l’Ouganda à pérenniser cette croissance dépendra de sa maîtrise de la chaîne logistique et de la fluidisation des dessertes aériennes depuis l’Europe. En misant sur une présence offensive dans les salons professionnels majeurs et en structurant un réseau de partenaires réceptifs locaux solides, l’Ouganda se dote des outils nécessaires pour transformer son immense potentiel naturel en un modèle de développement touristique durable et souverain.



