Vols vers les États-Unis : une attestation Ebola à signer avant chaque embarquement

Partager : Facebook WhatsApp LinkedIn X E-mailLien copié
Lecture à voix haute

À partir du mardi 3 novembre à 23h59, heure de Washington, soit le mercredi 4 novembre à 5h59 à Paris, tout voyageur qui prend un avion pour les États-Unis devra signer une attestation. Il y déclare ne pas avoir séjourné en République démocratique du Congo au cours des 21 jours précédents. La mesure, décidée par les autorités sanitaires américaines, s’applique à toutes les nationalités, aux passagers en correspondance comme aux équipages, jusqu’au 18 décembre. Sans document signé, pas d’embarquement.

Une déclaration, pas un certificat médical

Le texte a été signé le 22 octobre par le ministère américain de la Santé, sur la base des travaux du CDC, l’agence fédérale de santé publique. Une version modifiée, signée le 28 octobre et publiée au Federal Register le 30, remplace le mot « passager » par « personne » : pilotes et personnels de cabine sont désormais concernés, y compris lorsqu’ils voyagent en mise en place.

Le principe est simple. Chaque voyageur atteste qu’il ne s’est pas trouvé en RDC pendant les 21 jours précédant son vol, durée qui correspond à la période d’incubation maximale retenue pour la maladie. Il ne s’agit ni d’un test ni d’un certificat de bonne santé, et le document ne remplace ni le passeport, ni l’ESTA, ni le visa.

La règle vaut pour les vols commerciaux comme pour l’aviation d’affaires et les avions privés. Elle concerne aussi les voyageurs qui ne font que transiter par un aéroport américain. Les arrivées par la route ou par la mer ne sont pas visées.

Comment remplir le formulaire

Terminal 4 de l'aéroport international John F. Kennedy à New York
Source : Wikimedia Commons – Craig – domaine public

Le CDC met en ligne un formulaire officiel, en anglais, et annonce des versions espagnole et française. Les compagnies peuvent aussi proposer le leur, sur papier ou en ligne : signature manuscrite, signature électronique authentifiée ou simple case à cocher sont acceptées, et une déclaration orale est même admise si l’agent de la compagnie consigne la réponse.

Le moment recommandé est l’enregistrement, ou le passage au dernier aéroport étranger avant les États-Unis. Delta, partenaire d’Air France sur l’Atlantique Nord, indique par exemple que l’attestation pourra être signée lors de l’enregistrement sur son site ou son application, un lien étant envoyé avec le rappel adressé 24 heures avant le départ.

Un parent, un tuteur ou une autre personne habilitée signe pour les mineurs de moins de 18 ans, de même que pour un voyageur qu’un handicap empêche de le faire. Le passager n’a pas à conserver de copie après l’avoir remise au transporteur.

Les compagnies en première ligne

Vols vers les États-Unis : une attestation Ebola à signer avant chaque embarquement
Source : Wikimedia Commons – Captain Galaxy – CC BY 4.0

Le contrôle repose sur les transporteurs. Avant ou au moment de l’embarquement, ils doivent vérifier que chaque personne à bord a bien signé, et refuser l’accès à l’avion à quiconque ne l’a pas fait. Ils conservent les attestations au moins 42 jours et les tiennent à la disposition des autorités américaines, sans les transmettre par le système de données passagers APIS.

La compagnie reste responsable même si elle confie la collecte à un prestataire ou à une application. Une fausse déclaration expose son auteur à des poursuites pénales aux États-Unis, avec amendes et peine de prison possibles.

Pour un voyageur ayant séjourné en RDC, y compris en simple escale à Kinshasa sans quitter l’avion, le calcul se fait en jours calendaires : le jour du départ du pays compte comme jour zéro, et l’embarquement vers les États-Unis redevient possible à partir du 22e jour. Des dérogations restent possibles, notamment pour des motifs humanitaires.

Ce que doivent anticiper les agences de voyages

Vols vers les États-Unis : une attestation Ebola à signer avant chaque embarquement
Source : Wikimedia Commons – Quintin Soloviev – CC BY 4.0

Le texte américain ne crée aucune obligation propre aux agences, mais celles-ci sont les mieux placées pour éviter les mauvaises surprises au comptoir. Prévenir chaque client partant pour les États-Unis, ou y transitant, qu’une signature lui sera demandée est la première étape, en rappelant qu’un formulaire est nécessaire par personne.

Les dossiers à surveiller de près sont ceux des voyageurs revenant de RDC ou de la région des Grands Lacs, ainsi que les itinéraires combinés passant par Kinshasa. Un départ vers les États-Unis prévu moins de 22 jours après la sortie du pays devra être décalé. La fiche États-Unis des Conseils aux voyageurs rappelle aussi que les ressortissants non américains passés par l’Ouganda ou le Soudan du Sud dans les 21 jours précédents ne peuvent pas entrer aux États-Unis.

Une épidémie concentrée dans l’est de la RDC

Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’épidémie, due au virus Bundibugyo de la famille Ebola, a été déclarée le 15 mai 2026. Au 20 octobre, l’OMS recensait 9 704 cas confirmés et 4 687 décès en RDC, répartis dans 66 zones de santé de huit provinces. L’Ituri concentre l’essentiel des cas, avec 7 040 cas confirmés, devant le Nord-Kivu.

Des cas ont également été signalés en Ouganda, en France, au Kenya et au Nigeria. Il n’existe pas de vaccin homologué contre ce virus, mais un essai clinique a débuté le 23 octobre à Bunia. L’OMS, qui a classé l’épidémie en urgence de santé publique de portée internationale, déconseille pour sa part toute restriction des voyages ou du commerce avec les pays touchés.

Une mesure prévue pour 45 jours

L’obligation s’applique aux vols décollant après le 3 novembre à 23h59, heure de l’Est, et prend fin le 18 décembre à la même heure, juste avant les départs de fin d’année. Washington précise qu’elle pourra être levée plus tôt ou prolongée selon l’évolution du nombre de cas et de leur extension géographique.

Pour l’immense majorité des voyageurs, la formalité se résumera à quelques secondes au moment de l’enregistrement. Mieux vaut toutefois l’avoir en tête avant de rejoindre l’aéroport.

Partager : Facebook WhatsApp LinkedIn X E-mailLien copié

Ne manquez plus l’actualité du voyage

Recevez la lettre de Mistertravel dans votre boîte mail : transports, hôtellerie, destinations, événements.

Je m’inscris gratuitement

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Suivez-nous sur Facebook

Les 5 actualités du jour publiées chaque jour sur notre page.

J’aime la page Mistertravel

Le grand reportage