Sur fond de fortes tensions politiques, voire de conflits dans le monde, les TO (tour operateurs) font le gros dos. Les touristes ont besoin d’être rassurés pour partir en vacances à l’étranger.
Selon le baromètre du SETO (Syndicat des Entreprises du Tour Operating), auquel participent 42 TO adhérents, l’exercice en cours qui se terminera le 31 octobre, sera plutôt mitigé.

Gros plan sur l’exercice 2025-2026
« Après un hiver 2025-2026 satisfaisant sur les 4 premiers mois, le conflit au Moyen-Orient a impacté les 2 derniers mois de l’exercice. Si les réservations ont repris à partir de juin, cela n’a pas suffi à retrouver le niveau espéré. Cependant, les résultats restent honorables » explique Patrice Caradec, le nouveau Président du Seto.
Sur la période du 1er novembre 2025 au 31 octobre 2026 les tour-opérateurs membres du SETO annoncent :
– un volume d’affaires en baisse de -1,4, %, associé à une recette unitaire en hausse de +1,2%.
– un nombre de clients en baisse de -2,6%. Par rapport à l’exercice précédent, les TO ont « perdu » 80.000 ventes .

Constat sur les destinations de cet exercice
La France (+4,6% en nombre de clients) reste en progression.
Les destinations Moyen-Courrier (-2,4% en nombre de clients) résistent bien, avec une mention particulière pour l’Egypte (+18,7%). « La retransmission planétaire et pharaonesque de l’ouverture des salles Toutankhamon du Grand Musee du Caire porte ses fruits. La destination aurait encore plus performé sans l’éclatement du conflit en Iran » note un observateur.
Les destinations Long-Courrier (-5,9% en nombre de clients) restent en recul. Toutefois les scores varient selon les destinations : la Chine avec l’absence temporaire de visa, l’Afrique du Sud avec l’ouverture du Club Med à Durban et le Sénégal avec la restauration de la plage de Saly sur la petite côte, affichent de belles progressions ; la République dominicaine confirme sa reprise. En revanche les Etats-Unis continuent de reculer, notamment sous l’effet Trump.
Autres constats. « Paradoxalement, la crise iranienne a eu un impact positif sur le rôle positif pour des TO en matière de sécurité et de garanties apportées par le voyage à forfait » souligne Cyrille Fradin, président de Karavel-FRAM-Promovacances.
Du côté de la demande des vacanciers, les clubs et le « à la carte » sont en croissance. Sur le plan de la distribution, le B2C c’est-à-dire la vente directe des TO aux voyageurs, via leur site internet et leurs agences, compense la baisse des transactions en B2B. D’où le commentaire de Patrice Caradec : « nous devons développer sérieusement nos relations avec les agences de voyages, qu’elles soient off ou on line ».

Les TO sauvent l’été 2026
La bonne dynamique des réservations constatée en début d’année s’est figée dès mars avec le début du conflit au Moyen-Orient. Incertitude sécuritaire, hausse du prix du carburant, augmentation du prix des billets d’avion et inflation ont impacté largement l’activité qui a plongé de 20% de mars à mai. En revanche dès début juin, la reprise des réservations pour les départs immédiats, le cœur de l‘été et l’arrière-saison – septembre-octobre- a compensé en partie le recul observé précédemment.
Pour accompagner cette reprise les TO ont dû renégocier leurs prix d’achat (aérien, hébergements…) et souvent diminuer leurs marges en lançant des promotions.
Les prévisions pour la saison hiver 2026-2027
Même si les VDM (ventes de dernière minute) se généralisent dans un contexte géopolitique incertain combiné à une érosion du pouvoir d’achat, les TO font preuve d’un relatif optimisme pour les prochains mois. A fin août 2026, le volume d’affaires déjà réservé s’élève à 640 millions d’euros, en hausse de +1,7%, représentant 22% du final Hiver 2025-2026.
– une recette unitaire à 2 618€, en hausse de +4,7%.
Les destinations en tête de liste pour les prochains mois
Dans ces premières estimations, la France enregistre une croissance de +8%. En particulier, les stations de montagne, en haute et moyenne altitude.
A l’étranger, l’île Maurice, grâce à sa desserte aérienne autonome au départ de Paris et l’Egypte, toujours portée par le « GEM » progressent. Encore stable, la République dominicaine devrait bien performer avec la relance dès le 30 novembre par Air France de la ligne Paris-CDG- Punta Cana. En revanche le Maroc affiche un retard.
Bien sûr, en 2027 le contexte électoral en France constitue une inconnue supplémentaire dans cet avenir incertain au nouveau mondial. A suivre donc.



