Premier transporteur européen en nombre de passagers, Ryanair a publié lundi 2 novembre ses comptes du premier semestre de son exercice 2027, clos le 30 septembre. Malgré une fréquentation record, le bénéfice net recule de 15 %, à 2,15 milliards d’euros, plombé par la flambée du carburant non couvert et par des tarifs en léger repli. La low cost réduit son objectif annuel de trafic et ne s’avance pas sur ses profits.
Des avions pleins, mais des billets moins chers
Sur la période avril-septembre, Ryanair a transporté 125,8 millions de passagers, soit 6 % de plus qu’un an plus tôt, avec un coefficient de remplissage stable à 95 %. La machine commerciale tourne donc toujours à plein régime. Mais le tarif moyen a reculé de 4 %, à 55,70 euros, et le revenu par passager de 3 %.
Le chiffre d’affaires progresse tout de même de 3 %, à 10,08 milliards d’euros, porté par les recettes annexes (bagages, choix du siège, services payants) qui grimpent de 6 % à 3,08 milliards d’euros. Le bénéfice après impôt du seul deuxième trimestre (juillet-septembre) s’établit à 1,61 milliard d’euros, en baisse de 6 %.

Le carburant, talon d’Achille de l’exercice
Les coûts d’exploitation bondissent de 10 %, à 7,69 milliards d’euros, et la facture carburant de 15 %, à 3,4 milliards d’euros. La compagnie a couvert environ 80 % de ses besoins de l’exercice à quelque 67 dollars le baril, mais les 20 % restants sont achetés au prix du marché, qui a pratiquement doublé autour de 130 dollars. Pour l’exercice suivant (avril 2027-mars 2028), seuls 25 % des volumes sont couverts, à environ 95 dollars. Ryanair chiffre à près de 2 milliards d’euros le surcoût potentiel de sa facture de kérosène si les cours se maintiennent. Michael O’Leary s’attend à ce que les cours du kérosène restent élevés une bonne partie de l’année 2027.
Pour amortir le choc, le groupe passe en revue l’ensemble de ses postes de dépenses, des accords aéroportuaires aux ratios d’équipages, et veut étendre l’usage de l’intelligence artificielle dans ses opérations. Il évoque aussi l’éventualité de gels temporaires de salaires lors de la renégociation de certains accords, sans qu’aucune mesure n’ait été annoncée à ce stade.
Un hiver à plat et un objectif de trafic revu
Conséquence directe, l’objectif de trafic de l’exercice est abaissé de 216 à 214 millions de passagers (+3 %), et la capacité de l’hiver, de novembre à mars, sera globalement stable sur un an. La direction juge « trop tôt » pour fournir une prévision de bénéfice annuel : les tarifs d’octobre à décembre sont légèrement orientés à la hausse, mais les réservations arrivent plus tard, et la visibilité sur le premier trimestre 2027 est nulle.
Ryanair continue en revanche de redessiner sa carte au gré de la fiscalité : la croissance est orientée vers les pays qui baissent leurs taxes (Albanie, Italie, Maroc, Slovaquie, Suède), au détriment de l’Autriche, de l’Allemagne et des aéroports régionaux espagnols. Pour l’été 2027, 126 nouvelles lignes sont déjà en vente et une base ouvrira à Rimini. Les 16 premiers Boeing 737 MAX 10 doivent arriver au printemps 2027, la certification européenne de l’appareil étant attendue avant la fin de l’année. Un nouveau programme de rachat d’actions de 800 millions d’euros démarrera en février 2027. Le détail des comptes est disponible sur le site investisseurs de Ryanair.

